Les médecins Congolais de la diaspora et de Kinshasa exhortés à éradiquer le phénomène « Bombé»

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Kinshasa, 14 septembre 2021 (ACP).- Le Dr Justin Muilu Pila, coordonnateur provincial de la santé mentale du Kongo-Central, a exhorté, lundi par vidéo conférence, les médecins congolais de la diaspora et ceux de Kinshasa à protéger la jeunesse contre le phénomène «bombé» par des stratégies  susceptibles de mettre fin  à la consommation de cette drogue nuisible à la santé.

Le docteur Muilu qui l’a fait savoir, mardi lors d’un entretien avec l’ACP, a défini «bombé» comme étant une drogue artisanale bon marché issue des résidus de tuyau d’échappement mélangés à des substances telles que la nutriline, le diazépam, le cannabis et le chanvre permettant à ceux qui en consomment d’échapper à la dureté de leur vécu quotidien marqué par du stress, de l’anxiété, de l’angoisse et de l’incertitude.

Spécialiste en neuropsychiatrie et psychopharmacologie, le Dr. Muilu Pila a révélé que ces produits toxiques sont consommés particulièrement par des jeunes désœuvrés dont l’âge varie entre 14 et 25 ans.

Il a indiqué à cette même occasion que la jeunesse Kinoise, plongée depuis plusieurs décennies dans le désespoir et la dépression à cause du chômage et des échecs enregistrés dans divers domaines de la vie, s’adonne à cœur joie à cette drogue destructrice.

Outre le chômage, a-t-il fait remarquer, les jeunes évoluant dans les secteurs informels et constamment dérangés par des services fiscaux sont également poussés à consommer le «bombé».

« Bombé», un problème de santé publique

Par ailleurs, souligne le Dr. Justin Muilu Pila, le «bombé» à l’instar d’autres drogues, constitue un problème de santé publique qui engendre des conséquences aussi bien dans la vie du consommateur que dans la société.

Au plan individuel, cette substance nocive est à la base de plusieurs maladies aigues et chroniques dont souffre le consommateur notamment l’hypersensibilité, la toxicomanie ou la dépendance, l’épuisement physique, l’augmentation de l’accélération de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque, l’hallucination ainsi que le manque d’estime de soi.

Au niveau de la communauté, les consommateurs du bombé sont une véritable charge pour la famille. Ils sont agents de l’insécurité permanente des personnes et de leurs biens (cas de Kuluna dans des agglomérations urbaines du pays), également acteurs ou complices des viols, vols et enlèvement.

A cet effet, il recommande à ses confrères de combattre les facteurs nocifs externes de ce phénomène dont l’oisiveté des jeunes en créant des activités et loisirs sains, en gérant le stress grâce aux équipes pluridisciplinaires. ACP/Zng/Fmb/Nng