Ituri : le ministère public requiert la peine de mort contre un lieutenant des FARDC

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Bunia, 26 Septembre 2021 (ACP).- Le ministère public a requis la peine de mort contre le lieutenant Trésor Kibonge Laula, poursuivi pour » meurtre », lors de son réquisitoire à l’audience de la cour militaire de l’Ituri siégeant en matière répressive au degré d’appel, a constaté l’ACP.

Par la même occasion l’auditeur militaire supérieur a sollicité de la cour militaire pour qu’il ne soit retenu aucune circonstance atténuante en faveur du prévenu Trésor Kibonge Laula.

Par contre pour le prévenu lieutenant-colonel Célestin Tuakukala cité dans le même dossier, de dire non établi en fait comme en droit de sa participation criminelle ainsi que de la prévention mise à sa charge.

L’organe de la loi a estimé que l’article 260 du code civil livre 3 ne sera pas mis en application du fait que le prévenu Trésor Kibonge Laula quoiqu’un commis de l’Etat Congolais, a posé son acte en dehors des heures de service d’où, a-t-il dit, la République ne peut être condamnée solidairement avec celui-ci pour les dommages et intérêts pour la famille de la victime.

Par ailleurs contrairement au réquisitoire de l’organe de la loi, la partie civile a demandé à la cour militaire de condamner également le lieutenant-colonel Célestin Tuakukala au motif que c’est cet officier supérieur qui aurait donné l’ordre au Lt Trésor Kobonge Laula de tirer sur le défunt capitaine Sébastien Keita.

Elle a aussi sollicité de la cour militaire de condamner les deux prévenus solitairement avec l’Etat Congolais au paiement d’une somme de l’ordre de 200.000 dollars américains payables en francs congolais, en guise de dommages et intérêts au profit de la famille de la victime.

Tout en plaidant coupable, la défense a sollicité d’une part de la cour de larges circonstances atténuantes au profit de son client le lieutenant Trésor Kibonge, arguant que celui-ci souffrirait du déficit mental et de l’autre la réduction du montant fixé en guise de dommages et intérêts.

Rappel de fait

En date du 09 Juillet 2021, le capitaine Sébastien Keita a été arrêté par une équipe de patrouilleurs dans un débit de boisson situé au centre commercial de Komanda avec deux filles suite à leur dispute.

Transféré au cachot du camp militaire de l’état-major axe Ituri de ce centre de négoce où le défunt Sébastien Keita de se retrouver dans sa maison où il a été froidement abattu de quatre  balles par son bourreau, le Lt Trésor Kobonge Laula qui est passé aux aveux.

La cour a pris l’affaire en délibéré avant de rendre la loi dans un délai fixé par la loi.

Rebondissement dans l’affaire « gonflement des effectifs de militaires »

En outre le dossier dit de « gonflement des effectifs de militaires » opposant l’auditeur militaire supérieur contre un colonel et deux Lieutenants-colonels, connait un nouveau rebondissement avec la comparution de trois autres prévenus dont le major Beny Kambere, traduit devant la cour militaire par l’organe de la loi pour le détournement présumé d’une bagatelle somme de l’ordre de 17.470.000 francs en faveur 1836 militaires fictifs.

Cependant la cour militaire de l’Ituri sous la présidence du colonel magistrat Kelly Dienga Akelele, a renvoyé au 08 octobre courant cette cause opposant désormais le ministère public, veuves et orphelins de militaires contre un colonel, deux lieutenants-colonels, un major et deux capitaines,  poursuivis pour « faux et usage de faux, détournement de RCA militaire et détournement de deniers publics ».

En cause la défense du major Bony Kambere a sollicité et obtenu de la cour militaire une remise afin de lui permettre de compulser le dossier aux fins d’étayer ses moyens.

Respectueuse du principe sacro-saint du droit de la défense, la cour militaire a accédé à la demande de la défense pour l’équilibre et l’égalité de toutes les parties dans le présent procès. ACP/C.L/Awa