Chronique Le combat du siècle Ali-Foreman à Kinshasa : 47 ans déjà

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Kinshasa, 1er nov. 2021 (ACP).– Le combat du siècle entre Muhammad Ali- Georges Foreman du 30 octobre 1974, qui s’est déroulé à Kinshasa, en RDC, a déjà fait 47 ans au 30 octobre 2021.

L’histoire retiendra que la RDC était le pays organisateur de ce combat, à l’époque Zaïre, sous la houlette de son défunt Président, Mobutu Sese Seko, qui avait mobilisé beaucoup de moyens humains, financiers et matériels pour la réussite de cet événement, pour la toute première fois en Afrique, un combat comptant pour le championnat du monde de boxe des poids lourds entre les deux plus grands boxeurs de l’époque, les noirs américains Georges Foreman  et Muhammad Ali.

La condition posée par le célèbre Don King, l’organisateur dudit combat du siècle, que des cinéastes porteront à l’écran sous le titre « Rumble in the jungle » ou le « Combat dans la jungle », était celle d’offrir, non seulement un cachet de 5 millions des dollars américains à chacun de ces deux boxeurs, mais aussi de trouver celui qui devait le financer. Autant ce film a immortalisé à jamais cet événement, autant l’orchestre congolais Sosoliso, aujourd’hui disparu, l’a aussi gravé dans la chanson « 8ème round », une composition de Bonghat Tshekabu alias Sax Sakoul qui reste immortelle comme l’est ce combat. Ce titre se justifie par le fait que c’est au 8ème round, d’un combat prévu en 15 reprises de 3 minutes chacun, que Mohamed Ali avait envoyé George Foreman au tapis et l’avait emporté par K.O. technique. Ce qui avait permis au premier de reconquérir son titre mondial.

A la faveur d’un voyage au Moyen-Orient, Muhammad Ali, ex-Cassius Clay, fait une rencontre   fortuite avec le défunt Président Mobutu à qui le Noir américain soumet le projet du combat qui lui taraudait dans la tête.

Le marché sera conclu par la suite et, pour plus de facilités, le gouvernement zaïrois décida de ne prélever aucune taxe sur les recettes estimées entre 35 et 100 millions de dollars américains, d’autant plus  que les droits de retransmission étaient achetés par plusieurs pays.

Pour le Président Mobutu, c’était une belle occasion de faire son marketing et celui de son pays débaptisé « Zaïre ». Le rendez-vous pour le combat du siècle est alors pris pour la mi-septembre 1974, la même année qui marque l’apothéose du football national après le 2ème sacre des Léopards du Zaïre à la coupe d’Afrique des nations de football (CAN), au Caire, capitale d’Egypte et la première et unique participation  de ces mêmes fauves congolais à la phase finale de la coupe du monde de la Fédération internationale de football association (FIFA), en Allemagne.

1974 est donc une année pleine de prouesses qui, sur le plan sportif, se résument par ces deux exploits en football et ce meeting du noble art. C’est juste une parenthèse vite ouverte et fermée.

A partir de ce moment-là, on voit défiler à Kinshasa différentes célébrités du monde de la culture et de l’art tels que l’artiste musicien noir américain James Brown et son groupe ainsi que l’acteur de cinéma américain Clint Eastwood.

Le monde entier a le regard tourné vers la capitale congolaise qui avait accueilli, à l’occasion, différentes manifestations culturelles ayant connu la participation nombreuse de plusieurs artistes-musiciens de renommée mondiale.

Mais, à quelques jours du combat, Georges Foreman se blesse aux entrainements à l’arcade sourcilière. Le combat est alors renvoyé au 30 octobre 1974 pour permettre à Foreman de faire soigner sa blessure.

Dans l’entretemps, Muhammad Ali, reçu par le Président Mobutu, tout comme le tenant du titre George Foreman, multipliait les déclarations : « Je suis citoyen américain, jamais le Président des Etats-Unis ne m’a fait cet honneur de me recevoir. Mais, Mobutu l’a fait pour moi ». Muhammad Ali s’était également rapproché et familiarisé avec la population congolaise qui ne cessait de l’encourager en criant, lors de chacune  de ses apparitions publiques : « Ali boma ye » (Ali tues-le).

Ce 30 octobre 1974, tout Kinshasa baigne dans une folle ambiance festive jusqu’à l’instant de la reconquête de la ceinture de champion du monde WBC (World boxing council) par Muhammad Ali, après sa déchéance pour son refus d’aller combattre au Vietnam. « Les Vietnamiens ne m’ont rien fait. Pourquoi irais-je les tuer », n’avait-il cessé de le dire.

47 ans après ce combat du siècle, bien des choses ont changé. Le Président  Mobutu, parrain de l’événement, est décédé le 7 septembre 1997 au Maroc. Né le 17 janvier 1942, vainqueur du combat à l’âge de 32 ans au moment de ce big event, Muhammad Ali est décédé le 3 juin 2016. Son adversaire, encore en vie, est devenu prédicateur et revenu en RDC comme tel, il y a quelques années. Il est aujourd’hui âgé de 72 ans.

L’arène de ce combat du siècle, le stade du 20 Mai, devenu stade Révérend Père Raphaël de la Kethule de Rihove, dans la commune de Kalamu, n’en finit pas de se délabrer malgré le passage en ce lieu, en octobre 2009, de la fille de Muhammad Ali, Khaliah Ali, qui tenait à visiter le site où son illustre père avait écrit en lettres d’or, l’une des plus belles pages de l’histoire du noble art. Certainement qu’à la faveur de prochains jeux de la francophonie attendus au mois d’août 2022 et avec les travaux qui s’y effectuent à l’initiative du Chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, ce stade marquera pour la 2ème fois, l’histoire de ce site resté à jamais historique dans les annales du sport congolais, notamment du noble art qu’est la boxe. ACP/