L’ONUSIDA recommande trois mesures audacieuses pour combler les lacunes de la riposte au VIH en Afrique occidentale et centrale

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Kinshasa, 02 novembre 2021 (ACP).- La directrice exécutive de l’ONUSIDA, Winnie Byanyima a recommandé, mardi, trois mesures audacieuses pour combler les lacunes de la riposte au VIH en Afrique occidentale et centrale, au cours de la clôture du sommet régional de haut niveau sur le VIH/SIDA à Dakar au Sénégal.

Ce sommet a été organisé du 31 octobre au 2 novembre 2021 par l’ONUSIDA et l’Institut de la société civile pour le VIH et la santé en Afrique occidentale et centrale.

Selon la directrice de l’ONUSIDA, ces mesures consistent premièrement à embrasser et habiliter les communautés pour qu’elles soient au centre de la planification et des services, c’est-à-dire, les pays doivent garantir un environnement qui habilite les communautés pour qu’elles soient impliquées dans la fourniture de services en tant que partie intégrante de la réponse de Santé publique.

Qu’elles soient impliquées en tant que co-planificateurs et qu’elles puissent mettre en avant leurs expériences et leurs préoccupations en vue de jouer leur rôle essentiel en assurant la responsabilité. « Les pays doivent lever les obstacles juridiques, politiques et programmatiques qui freinent cette évolution, et augmenter le soutien financier pour libérer la contribution incomparable des communautés », a-t-elle dit.

Deuxièmement, les pays doivent augmenter l’échelle des prestations en matière de prévention, de dépistage et de traitement, et d’éliminer tous les obstacles financiers afin de garantir un accès universel aux services.

L’engagement d’Abuja d’investir 15% des budgets gouvernementaux dans la Santé publique doit être respecté. Les engagements conjoints pris par les ministres de la Santé et des Finances lors de la réunion des dirigeants Africains d’augmenter les recettes nationales consacrées à la santé soient respectés.

Troisièmement, il faut s’attaquer aux inégalités qui alimentent l’épidémie, car la Covid-19 a une fois de plus montré au monde comment les épidémies prospèrent grâce aux inégalités entre les pays et à l’intérieur même des pays. La nouvelle stratégie de l’ONUSIDA adoptée plus tôt cette année place la lutte contre les inégalités au centre de la mission visant à mettre fin au Sida.

Pour elle, les inégalités sont le moteur du VIH et les groupes de personnes vulnérables représentent 44% des nouvelles infections en Afrique occidentale et centrale, leurs partenaires représentent 27% supplémentaires.

 L’épidémie du VIH/Sida en Afrique occidentale et centrale est une urgence permanente

Par ailleurs, la directrice exécutive de l’ONUSIDA, Winnie Byanyima a rappelé que l’épidémie du VIH/Sida en Afrique occidentale et centrale est une urgence permanente. Les premiers gains obtenus contre le VIH dans cette région ne se sont pas traduits par les mêmes progrès durables qui ont pu être réalisés dans d’autres parties de l’Afrique subsaharienne.

« L’année dernière, la région a enregistré 150.000 décès liés au Sida et 200.000 personnes ont été nouvellement infectées par le VIH. Chaque semaine, plus de 1.000 adolescentes et jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans sont infectées par le VIH dans la région. 1,2 million de personnes en Afrique occidentale et centrale attendent toujours pour débuter leur traitement pour le VIH qui leur sauveront la vie. Seuls 35% des enfants vivant avec le VIH en Afrique occidentale et centrale reçoivent un traitement », a-t-elle ajouté.

A en croire Mme Winnie Byanyima, la crise de la Covid-19 a entravé les services et a exacerbé les inégalités qui alimentent l’épidémie du VIH. « Si nous n’agissons pas maintenant, non seulement de nombreuses autres vies seront perdues, mais contenir la pandémie de sida sera plus difficile et plus coûteux dans les années à venir ».

La délégation de la RDC a été représentée par la Vice-ministre de la Santé, Véronique Kilumba, le secrétaire exécutif national adjoint du Programme national multisectoriel de lutte contre le SIDA (PNMLS), le Dr Bernard Bossiky ainsi que du directeur du Programme national de lutte contre le SIDA (PNLS), le Dr Aimé Mboyo. ACP/Zng/Thd/MNI