L’état de siège a permis la réappropriation de la situation, selon le ministre Patrick Muyaya

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Bruxelles, 08 novembre 2021 (ACP).- L’état de siège décrété dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri a permis au gouvernement de se réapproprier la situation prévalant dans la partie Est du payset d’assurer un suivi plus étroit, a déclaré le ministre de la Communication et des médias, Patrick Muyaya Katembwe, lundi à Bruxelles, au cours d’une conférence tenue au Press Club Brussels Europe, pour débattre des questions d’actualité concernant la RDC.

Patrick Muyaya, qui avait à ses côtés le ministre du Tourisme, M. Bidimbu Nsimba, ainsi que le porte-parole du Président de la République, Tharcisse Kasongo Mwema, et le directeur de la presse présidentielle Erik Nyindu, a relevé que même si il existe encore des poches de résistance, la société civile des provinces concernées reconnaît, de son côté, que ce qui a été réalisé en deux mois sur le terrain n’a jamais été fait en dix ans.

Il a rappelé que ce dispositif constitutionnel a été activé par le Président de la République, Felix Antoine Tshisekedi Tshilombo, parce qu’il y a eu trop de morts et que l’écosystème du milieu était totalement détruit.

Aujourd’hui, a expliqué le ministre Muyaya, on assiste à une véritable reprise en mains, qui permet de croire à une solution rapide, de même qu’elle a conduit à une amélioration sensible des rapports entre l’Etat et la MONUSCO.

Dans le même cadre, un programme DDRS (Démobilisation, désarmement et réinsertion sociale) a été mis en place pour réintégrer les anciens miliciens dans la vie civile, alors qu’avant, ceux-ci étaient incorporés dans l’armée, avec tous les problèmes que ce système a engendrés.

La RDC présentée comme « pays solution » au dérèglement climatique

Au sujet de la participation congolaise au sommet sur le climat à Glasgow, en Écosse, le ministre de la Communication et des médias a relevé que l’occasion a permis au Chef de l’Etat de faire valoir les immenses potentialités que recèle le pays en matière de prévention de gaz à effets de serre et de présenter la RDC en pays solution au réchauffement climatique.

Pour Muyaya, le Congo a toujours été considéré comme un pays à problème, mais à l’occasion de ces assises, il s’est dégagé un « changement de narratif ». « Nous pensons ainsi détenir la solution pour permettre à nos populations de trouver la contrepartie de leurs efforts », a-t-il souligné.

Il en est de même pour la transition écologique, qui passe par le cobalt et le lithium. « Ici aussi, nous pensons nous positionner et répondre au défi de pays solution en la matière« , a poursuivi le ministre.

Le ministre de la Communication et des médias a fait remarquer que pour les populations congolaises, l’urgence n’est pas le climat, mais elles ont un devoir de solidarité. En contrepartie, des négociations sont en cours pour rétribuer la participation de la RDC dans l’effort général de protection de la nature.

Dans ce cadre, l’État congolais a présenté un cahier de charges de 48 milliards en faveur de l’Afrique et les négociations se poursuivent pour déterminer la contrepartie à réserver pour la contribution des forêts tropicales.

La CENI et les élections

Au chapitre des élections, le ministre est revenu sur les péripéties qui ont conduit à la désignation du président de la CENI, estimant qu’il fallait déverrouiller le processus afin de pouvoir respecter le délai constitutionnel pour l’organisation des élections. « Nous savons qu’il n’y a pas eu consensus mais nous savons aussi qu’un homme ne peut non plus accaparer tout seul le processus électoral », a-t-il fait remarquer. Il a assuré que l’État continue de compter sur l’Eglise, qui sera toujours son partenaire en la matière.

Le porte-parole du gouvernement a, par ailleurs, fait savoir qu’un projet est sur la table du ministère du Plan pour fusionner les trois organisations concernées par le recensement et les élections, à savoir la CENI qui est chargée du fichier électoral, l’Office national d’indentification de la population (ONIP) commis à l’identification et l’Institut national de statistique (INS) auquel est dévolu le recensement de la population.

Cependant, Patrick Muyaya a rassuré que le recensement ne conditionne pas les élections. « On peut coordonner et tenir les deux processus séparément, mais il y a le fichier à refaire. Raison pour laquelle le gouvernement avait besoin d’un interlocuteur à la CENI« .

On ne peut pas dire aujourd’hui que le processus est vicié simplement parce que deux confessions religieuses ne sont pas d’accord, a souligné le porte-parole du gouvernement qui pense qu’il y a moyen de construire le consensus étape par étape et, à la fin, arriver à un accord général.

D’autres sujets ont porté notamment sur la décision du gouvernement de doter les citoyens de cartes d’identité, sur les efforts du gouvernement pour lutter contre la Covid-19, sur la modernisation de la radiotélévision nationale ainsi que sur les états généraux de la presse, programmés au 18 novembre mais repoussés à la fin de l’année. ACP/