Les femmes en Afrique constituent une source de croissance économique, selon la ministre du Genre, famille et enfant

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Kinshasa, 24 Janv. 2022(ACP).- La ministre du Genre, famille et enfant, Gisèle Ndaya a déclaré lundi à l’hôtel Sultani  dans la commune de la Gombe que les femmes en Afrique constituent un immense potentiel de talents et une source de croissance économique mais aussi un potentiel pour créer le nouveau modèle de leadership politique et économique à travers l’entreprenariat innovant, lors d’un atelier de partage d’informations et d’expériences sur les violences basées et l’autonomisation des femmes et des jeunes filles dans les différents pays d’Afrique.

Mme Ndaya  a soutenu que les femmes sont des agents économiques très dynamiques. ‘’Premières actrices du bien-être familial, elles jouent un rôle crucial au sein de leurs communautés.

Cependant, elles sont confrontées à plusieurs violences qui constituent des obstacles majeurs, allant de pratiques culturelles restrictives et des lois discriminatoires à un marché du travail très segmenté’’. C’est autant de freins à la réalisation du potentiel de développement de l’Afrique, a dit la ministre.

Pour elle, la violence à l’égard des femmes est un véritable fléau en Afrique et dans le monde, elle engendre  de multiples problèmes, sources des conflits et crises ; les catastrophes naturelles liées au changement climatique, l’insécurité alimentaire et les violations des droits humains ,a-t-elle souligné, contribuent tous au sentiment de danger que ressentent les femmes et les filles dans leur quotidien, même dans leur propre foyer, quartier ou communauté.

Une situation aggravée avec la COVID-19

La ministre a soutenu que cette situation a été aggravée avec l’apparition de la maladie à coronavirus (COVID-19).

Les nouvelles données et les récents rapports des personnes en première ligne indiquent que tous les types de violence à l’égard des femmes et filles se sont intensifiés dans les pays touchés par cette pandémie.

L’isolement et la distanciation physique imposés, ont ouvert la porte à une pandémie de l’ombre, parallèle aux violences à l’égard des femmes et des filles, car celles-ci se retrouvent souvent confinées avec leurs agresseurs. Avant la pandémie de COVID-19, a-t-elle révélé, les estimations prévoyaient qu’une femme sur trois serait victime de violences au cours de sa vie.

Selon la ministre, partout dans le monde, 18 % des femmes et des filles âgées de 15 à 49 ans ayant déjà eu un partenaire ont subi des violences physiques et/ou sexuelles de la part d’un partenaire actuel ou précédent au cours des 12 derniers mois.

Du fait de la COVID-19, il a été fait état d’une intensification de la violence à l’égard des femmes dans le monde, souvent de l’ordre de 25 % selon les pays dotés de systèmes de signalement plus ou moins efficace, a fait savoir la ministre du Genre.

Lors de chaque confinement de 3 mois, on pouvait s’attendre à enregistrer 15 millions de cas supplémentaires de violence basée sur le genre, a-t-elle indiqué, avant de préciser que cette réalité n’est pas une fatalité.

Les efforts déployés par les pays membres de l’UA

La ministre du genre  a mis en exergue les efforts déployés par les Chefs d’Etats et des Gouvernements des pays membres de l’Union Africaine  pour endiguer les violences en y faisant face.

Il s’agit, a-t-elle dit de la signature du protocole de Maputo et tant d’autres ainsi que la mise en place des politiques et programmes en faveur des droits de la femme et de la fille.

En RDC, cette volonté a été soutenue par la mise en place du Programme National Genre, la Stratégie Nationale de lutte contre les violences sexuelles et différents mécanismes institutionnels dont l’Agence de Lutte contre les violences faites aux Femmes « AVIFEM » et le Fonds National pour la Promotion de la Femme et Protection de l’Enfant (FONAFEM).

A cela s’ajoute la mise en place de la « Maison de la femme » à travers laquelle vont passer les fonds d’appui aux initiatives des femmes dans toutes les provinces. La feuille de route pour la résilience des femmes en temps de COVID-19 et tant d’autres programmes et initiatives sont également à signaler.

Elle a fait valoir que le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président en exercice de l’Union africaine qui a fait de la lutte contre les violences sexuelles son cheval de bataille a, de ce fait, coordonné plusieurs initiatives dans le cadre de la mise en œuvre de l’agenda 2063.

Il s’agit notamment de l’organisation de la conférence sur l’égalité tenue à Kinshasa le 10 juin 2021 en marge du Forum sur l’égalité homme et femme tenu à Paris du 30 juin au 2 juillet qui a abouti à la Déclaration de Kinshasa sur l’égalité homme et femme.  Elle a signalé que  le lancement de la Campagne ‘’Tolérance Zéro’’ contre les auteurs des violences sexuelles et la tenue récemment à Kinshasa de la conférence des hommes sur la masculinité positive. Pour Mme la ministre, ces initiatives devront être soutenues par l’Union africaine, qui devra s’impliquer pour les développer et les pérenniser.  » Le changement est possible, si on le veut et si on s’y investit tous et toutes« , a souligné Mme Ndaya, avant d’ajouter que  « L’Afrique doit se lever pour mettre fin aux violences faites à la femme et à la jeune fille et soutenir l’autonomisation de la femme et de la fille en multipliant les efforts et des actions concrètes mais pas seulement des discours, afin qu’ensemble, nous soyons capables d’atteindre les résultats de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine« .

Elle a remercié le Président de la République et Président en exercice de l’UA, Félix Antoine Tshisekedi pour son implication dans l’organisation de cet atelier. Cet atelier connaît la participation de plusieurs femmes venues des différents pays d’Afrique et de l’intérieur du pays. ACP/Kayu/OB/JFM/CKM/SGB/MMC