Les causes de la hausse des carburants terrestre et d’aviation dans la zone Ouest

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Kinshasa, 27 janvier 2022 (ACP).-Le ministère de l’Economie nationale a, dans un communiqué reçu jeudi à l’ACP, épinglé les raisons ayant prévalues à la hausse des prix des carburants terrestre et d’aviation dans la zone d’approvisionnement Ouest.

Guillain Malere Muderekeza, directeur de cabinet qui a signé le communiqué, souligne que cette hausse est consécutive à la relance progressive de l’économie mondiale et à la hausse substantielle du prix du baril sur le marché international.

Cette hausse du prix du baril est dictée par une augmentation des Prix moyens frontières commerciaux (PMFC) des principaux carburants consommés en République démocratique du Congo comme l’essence, le gasoil, FOMI et le Jet A12.

Par ailleurs, le ministère de l’Economie nationale renseigne que le niveau des prix de carburants à la pompe est principalement déterminé par trois facteurs à savoir, le PMFC qui indique le coût d’acquisition des produits auprès des fournisseurs étrangers, le volume de carburant mis en consommation ainsi que le taux de change du franc congolais-dollars américain déterminé par la Banque centrale du Congo (BCC).

La règlementation en vigueur prévoit que les prix des produits pétroliers sont actualisés chaque fois que l’un de ces trois paramètres clés varie au-delà du seuil de tolérance qui est de 5% à la hausse comme à la baisse.

A titre illustratif, lorsque le pétrole augmente sur le marché international et que le coût d’acquisition du carburant devient plus onéreux pour les sociétés pétrolières de distribution. De même de la dépréciation de la monnaie entraine une volatilité importante du taux de change dans des proportions dépassant les 5% comparativement au taux retenu dans la structure en vigueur.

En cas de non-actualisation de la structure des prix en dépit d’une variation importante des paramètres décrits ci-dessus, il peut découler que les prix à la pompe fixés par le gouvernement deviennent inférieurs aux prix auxquels les sociétés distributrices du carburant devaient en principe vendre leurs produits pour couvrir leurs charges et générer des bénéfices autorisés. La différence entre ces deux prix constitue une subvention que l’Etat accepte de prendre en charge pour soulager la population et maintenir l’équilibre du système d’approvisionnement.

Dans le cadre de la loi organique du 09 juillet 2018 relative à la liberté et à la concurrence, le ministère de l’Economie nationale dispose des prérogatives de fixer les prix des produits pétroliers raison pour laquelle le caractère stratégique de ces produits a motivé l’Etat d’en administrer les prix au lieu de les laisser fluctuer librement en fonction de la conjoncture socio-économique.

Ainsi donc, poursuit-il, les prix des produits pétroliers ayant une nature structurante dans la formation des prix des autres biens et services essentiels à la population, une forte volatilité entrainera des tensions inflationnistes conduisant à l’érosion du pouvoir d’achat de la population.

Evolution des prix des carburants à la pompe

Comparativement aux derniers changements intervenus au mois d’août 2020 pour la zone Ouest et en juillet 2021 dans les zones Est et Sud, le PMFC ont connu une augmentation significative et largement supérieure au seuil de 5%.

Les PMFC du marché comparé avec le niveau de retenu dans la structure des prix avant révision, il se dégage des écarts de l’ordre de 60% pour l’essence et 63% pour le gasoil tandis que le prix à la pompe est resté fixe et stable.

Le PMFC de l’essence qui était de 601 est passé à 965 actuellement sur le marché soit une variation de 60% tandis que celui du gasoil passe de 527 à 859 avec une variation de 63% selon le calcul effectué sur base des données fournies par le ministère des Hydrocarbures.

Le ministère de l’Economie nationale a, cependant, procédé à la révision de la structure des prix des produits pétroliers, en vue de préserver l’équilibre du système d’approvisionnement, d’éviter toute rupture dans la fourniture du carburant préjudiciable à l’activité économique et au bien-être des citoyens.

Il s’agit surtout de maitriser le coût budgétaire lié à la prise en charge par l’Etat Congolais des pertes et manques à gagner subis par les sociétés pétrolières du fait du gel des prix.

Le communiqué révèle qu’au cours de la période allant du 28 juillet 2021 au 25 janvier 2022, le prix d’un litre d’essence se négociait à 1.995 FC contre 2.095 actuellement à la pompe et 2.620 comme prix plein.

Pour ce qui est du gasoil pour la même période, un litre passe de 1.985 Fc à 2.085 FC à la pompe et le prix plein est de 2.644 FC tandis qu’un litre de Jet A1 qui était vendu au prix de 1.575 FC se négociera désormais à la pompe à 1.575 FC tandis que son prix plein est de 2.221 FC.

Le ministère de l’Economie nationale précise que cette légère révision à la hausse s’est effectuée en concertation avec les opérateurs économiques du secteur pétrolier.

Des engagements du gouvernement vis-à-vis des opérateurs du secteur

A cet effet, d’importants efforts ont été fournis de part et d’autre pour contenir l’augmentation des prix à la pompe dans des proportions compatibles avec la préservation du pouvoir d’achat de la population et sans compromettre la santé financière des sociétés opérant dans ce secteur stratégique et vital pour l’ensemble de l’économie nationale.

A cet effet, le ministère de l’Economie nationale s’est engagé avec les autres ministères concernés par cette délicate question, dans une dynamique d’amélioration structurelle des structures des prix des produits pétrolier de renforcer la maitrise des coûts de transparence du secteur. ACP/ZNG/RNL/NKV/SGB/TKM/MMC