Avancées dans la lutte contre la maladie du sommeil : la RDC est passée de 17.000 cas notifiés en 2000 à 404 cas en 2021

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Kinshasa, 24 février 2022 (ACP).- La RDC qui est considérée comme le plus grand foyer de la trypanosomiase humaine africaine (maladie du sommeil) au monde a connu une forte diminution des cas notifiés de cette maladie, passant de 17.000 cas en 2000 à 1.769 cas en 2016, puis à 930 cas en 2017, et à 404 cas seulement en 2021.

Selon le Programme national de lutte contre la trypanosomiase humaine africaine (PNLTHA), qui a fourni ces chiffres à l’ACP, l’instauration de la journée nationale de la trypanosomiase humaine africaine (THA) en RDC depuis 2018 traduit l’engagement du gouvernement congolais à éliminer la maladie du sommeil comme problème de santé publique et à l’éradiquer d’ici 2030.

Cette journée nationale de la THA est commémorée le 31 janvier de chaque année. On parle d’élimination d’une maladie comme problème de santé publique lorsque son incidence devient moindre au sein de la population avec un nombre très réduit de personnes atteintes. Il y a éradication lorsque la maladie disparait totalement au sein d’une population.

La maladie du sommeil, classée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) dans la catégorie « Maladies tropicales négligées », est causée par un parasite (microbe) appelé trypanosome qui se propage dans tout le corps.

Le trypanosome, agent causal de la maladie du sommeil, est transmis à l’être humain par la piqûre d’une mouche tsé-tsé infectée. La mouche tsé-tsé, appelée aussi glossine, n’est pas infectée à la naissance. Elle est contaminée en ingérant des trypanosomes présents dans le sang d’un patient infecté. La mouche tsé-tsé vit au bord des rivières, dans les zones marécageuses et dans les broussailles près d’un cours d’eau.

Les premiers signes de la maladie du sommeil ressemblent à ceux de la malaria : forte fièvre irrégulière, fatigue, douleurs musculaires et articulaires, apparition des ganglions surtout au niveau du cou, gonflement du visage (œdème). Lorsque les trypanosomes attaquent le système nerveux (2ème phase de la maladie), le malade présente des troubles de la personnalité (nervosité, irritabilité, somnolence).

Les principaux moyens de lutte contre la trypanosomiase humaine africaine (THA) sont le dépistage précoce de la maladie et le traitement des malades ainsi que la lutte contre la mouche tsé-tsé qui est le vecteur. La maladie du sommeil est mortelle lorsque le malade n’est pas traité ou lorsqu’elle est dépistée à un stade avancé.

Situation épidémiologique

L’objectif de la lutte contre la maladie du sommeil en RDC est de réduire la morbidité et la mortalité liées à cette maladie à un niveau compatible avec une vie productive des populations à risque, soit 1 nouveau cas pour 10.000 habitants.

Au cours de l’année 2021, la lutte anti-vectorielle (contre la mouche tsé-tsé) a été développée dans les provinces du Kwilu (Masimanimba, Bandundu) et du Maï-Ndombe, notamment à Kikongo (dans la zone de santé de Kwamouth) et à Bolobo.

En 2021, un total de quatre cent quatre (404) cas de THA ont été dépistés en République démocratique du Congo avec un seuil de contrôle de l’infection de 1 nouveau cas pour 100.000 par habitants.

Sur les 404 cas de maladie du sommeil détectés en 2021, 326 cas ont déjà été traités, ce qui représente 80,7%. La Pentamidine, le NECT et le fexinidazole sont des médicaments qui ont été utilisés pour traiter les malades respectivement au 1er stade de la maladie et au 2ème stade.

Il est à noter que les coordinations provinciales de Bandundu Sud (provinces du Kwango et du Kwilu) et de Bandundu Nord (province du Maï-Ndombe) ont notifié environ 47 % des cas de l’ensemble de la RDC, un peu plus par rapport à 2018 (45%). Ainsi, la province du Bandundu (dans son ancienne configuration) comprend presque la moitié de tous les cas de la RDC.

59% des cas diagnostiqués en 2021 l’ont été au cours du dépistage actif par les structures mobiles et 40% l’ont été en passif par les structures spécialisées du PNLTHA (19%), les hôpitaux généraux de référence (13%) et les centres de santé (8%).

Le nombre encore élevé de cas au premier stade de la maladie laisse penser que la transmission est encore importante. Cela se confirme par une détection toujours élevée des cas en dépistage actif. Il serait important de maintenir une surveillance intensive de la maladie afin d’espérer atteindre l’objectif d’élimination de la THA d’ici à 2030.

ACP/ODM/RL/NKV/MNI/TKM/SGB/MMC