ESU : la gestion du comité Mbangala à l’ISC-Kinshasa marquée par des réformes positives et innovations

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Kinshasa, 13 mars 2022 (ACP).-Le comité de gestion conduit par le Pr Augustin Mbangala Mapapa à l’Institut supérieur de commerce (ISC-Kinshasa), arrivé fin mandat, a été caractérisé par diverses réformes positives et innovations, d’ordre social, administratif, environnemental, infrastructurel, sécuritaire et autres, ont fait remarquer, samedi, à l’ACP, différents membres du corps professoral et étudiants.

Le comité sortant a procédé à une lutte sans merci, dès son avènement, contre une panoplie d’antivaleurs tant décriées mêmes par certains officiels de l’époque, sans y remédier. Et les ennemis de la transparence et de la bonne gouvernance ont parlé de la frustration.

 De l’historique

En effet, selon plusieurs témoignages qui se recoupent, recueillis auprès des observateurs avertis, il est avéré que cet établissement public se trouvait dans un état chaotique pendant des décennies. Avec une image complètement détériorée, ISC-Kinshasa avait même perdu sa notoriété d’antan, jusqu’à se faire surnommer péjorativement, « Institut des Surprises et des Chaos », ISC en sigle, avant janvier 2016, date de l’avènement du comité Mbangala.

Plus personne ne faisait confiance à cet établissement gangrené par des antivaleurs de tout bord, signale-t-on. Nos informateurs mettent en défi quiconque douterait de ce constat malveillant, en ce qui concerne l’état dans lequel le DG Mbangala et son comité de gestion ont trouvé cette alma mater.

A en croire nos sources, cette dernière était caractérisée par les pesanteurs et/ou antivaleurs. Chaque enseignant avait un ou deux collaborateurs. « Il y a eu environ plus de cent cinquante collaborateurs des enseignants et des administratifs qui circulaient dans l’enceinte de l’Institut en quête des proies à croquer qui sont des étudiants, avec pour objectif de rechercher de l’argent pour le compte des enseignants et des administratifs », nous rappellent-elles.

Il nous revient en outre que l’institut évoluait dans un environnement où des administratifs se prenaient pour des enseignants, les gens de l’extérieur pouvaient accéder sur le site universitaire jusqu’à entrer dans des salles de classe pour donner cours, les scientifiques qui n’avaient aucune considération pour les professeurs, se prenaient pour des « grands spécialistes ». Les chefs de travaux ordinaires étaient devenus « plus puissants » que des professeurs détenteurs des doctorats.

Le comité sortant a mis un terme à un système dit ‘’Points sexuellement transmissibles’’ (PST), une pratique qui consistait à octroyer des points à certains étudiants en majorité des filles en échange de certaines avances voire carrément de relation sexuelle.

Bref, une corruption à outrance avec son corollaire d’« effet accordéon » entre enseignants, ainsi qu’entre administratifs et enseignants, chacun de son côté rackettant les étudiants à sa guise.

Les scientifiques pour la plupart n’avaient même pas droit d’avoir un bureau encore moins les assistants.

Des laboratoires informatiques évoluaient sans matériels modernes (ordinateurs et autres), des bureaux et des sections fonctionnant avec des machines à écrire…

Les salles de classe étaient crasseuses. Tout l’environnement de l’ISC-Kinshasa était extrêmement insalubre, dépourvu d’installations sanitaires dignes. Le site n’avait pas d’éclairage le soir.

Somme toute, une mentalité extrêmement rétrograde, où le mal était devenu le bien et vice versa.

Sur le plan des finances, le DG Mbangala a hérité d’une dette d’environ 350.000 $ léguée par ses prédécesseurs, laquelle dette qu’il a apurée complétement avec les moyens de bord. Tous les comptes bancaires étaient au rouge et les caisses vides.

Voilà donc le contexte dans lequel Mbangala et son comité de gestion ont pris le pouvoir.

Prof Augustin Mbangala, un réformateur attitré

Ce n’est qu’à l’arrivée du comité Mbangala en début 2016 qu’un état des lieux exhaustifs a été effectué. Toute la communauté étant entendue et plusieurs actions fortes ont été lancées sous formes des réformes profondes et innovations, dans un plan stratégique de cinq ans avec des plans d’action annuels, avec les moyens propres de cette institution supérieure.

Le vaillant soldat Mbangala n’a jamais contracté un emprunt auprès de banques de la place pour financer les vastes travaux menés et toute autre œuvre réalisée.

De la sécurité

 La structure se trouvait entre les mains d’un gang des délinquants, baptisés « Bana Mura ». Ces derniers ont pris cet établissement supérieur pratiquement en otage, sous la barbe des forces de l’ordre et dont les patrons se recrutaient parmi certains enseignants, voire professeurs et scientifiques, bien identifiés. Ceux-ci les entretenaient, pour qui nos sources ont requis l’anonymat pour des raisons de susceptibilité. Tous les collaborateurs des enseignants, qui n’avaient rien à voir avec l’Institut, ont été boutés dehors afin de ramener l’ordre. Le comité de gestion a mené « une guerre longue et sans merci » contre tous ces ‘’voyous’’. C’est ainsi que le triste phénomène a été totalement écrasé.

Pour maintenir l’ordre rétabli, la police universitaire a été réorganisée à travers une formation pendant plusieurs mois, et a été doté d’uniformes et autres effets afin de mener à bien ses missions.

Conditions sociales des agents

Le comité de gestion Mbangala en six ans a instauré différentes innovations à savoir : l’affiliation des agents à une mutuelle de santé qui prend en charge les soins sanitaires des agents et des membres de leurs familles -moyennant paiement d’une prime de 10 dollars américains dont la moitié est prise en charge par le comité de gestion ; augmentation d’un mois de prime Focas, passant de 11 mois à 12 mois ; en six ans, la prime Focas a été indexée trois fois, avec un montant mensuel de la prime le plus élevé de tous les établissements de l’Enseignement supérieur, -son paiement est devenue récurrente, sans arriéré, ce, durant tout le mandat du comité sortant ; la ration alimentaire obligatoire des agents pour les festivités du nouvel an (sac de riz, carton de poulet, tomate et bidons d’huile…) -une pratique qui n’existait pas avant Mbangala; création d’une cantine sociale gérée par la délégation syndicale, où chaque agent en difficulté peut emprunter les vivres pour nouer les deux bouts du mois – sac de riz, carton de poulet, carton de poisson salé, haricots, bidon d’huile ; installation d’un restaurant à la portée de toutes les bourses ; remise d’une enveloppe sociale de 40 millions de francs gérée par le Copa pour les agents ; contribution annuelle du comité de gestion à environ 250 millions de francs comme appui aux agents en détresse, etc.

Quid du corps enseignant ?

Le comité a procédé à la création d’une prime d’émulation pour les chercheurs qui font des publications pertinentes ; envoi et soutien d’une dizaine des scientifiques à l’Université de Liège pour des recherches doctorales ; octroi de quatre bourses doctorales aux scientifiques ; octroi des bureaux climatisés, des tables et chaises au personnel scientifique ; réhabilitation des bureaux des sections ; dotation des professeurs en ordinateurs portables et autres.

Que des acquis au bénéfice des étudiants !

Le DG Mbangala vait une relation privilégiée avec les étudiants de l’ISC/Kinshasa, une grande complicité du genre d’un papa vis-à-vis de ses enfants. Il a inculqué et légué aux étudiants un héritage culture à savoir « la lutte contre les Antivaleurs », qu’il en est d’ailleurs le précurseur au sein de cet établissement. Par ailleurs, il a inculqué aux étudiants des vraies valeurs en matière d’accoutrement, d’habillement.

Le comité Mbangala a tablé sur l’amélioration des conditions d’étude en faveur des étudiants. C’est ainsi qu’il a notamment procédé à la construction de nouvelles salles de classes d’environ 1600 places), parmi lesquelles celles destinées au Master, avec six salles des cours climatisés d’une capacité de 100 étudiants chacune; la réhabilitation de l’existent ; l’installation des tableaux blancs en remplacement des tableaux à craie; l’acquisition de plus de 5000 ouvrages et articles scientifiques ; la numérisation de la bibliothèque ; la réhabilitation de la salle de lecture ; la numérisation des dossiers étudiants ; l’installation d’un restaurant moderne pour les étudiants ; l’installation  des tableaux blancs, en remplacement des tableaux à craie blanche ; l’instauration d’un système d’anonymat pour lutter contre toute forme de corruption ; l’homologation des prix de (syllabus) dont le prix ne pouvait dépasser 10 dollars américains alors qu’il coûtait jusqu’à 25 dollars jadis et l’achat de ce support de cours était tributaire  de toute réussite ; la création des associations des étudiants pour impulser des vraies valeurs. Un élan réformiste qui s’étend jusqu’aux étudiants vivants avec handicap, qui sont exonérés des frais académiques jusqu’à ce jour depuis l’arrivée de Mbangala et bénéficient d’un stage professionnel payant de la part du comité de gestion.

Il a doté les laboratoires informatiques des ordinateurs modernes en faveur des étudiants de la section Informatique et de la Science et Technique du Secrétariat.

Diverses réformes entreprises

Sur le plan administratif, toutes les sections et les bureaux administratifs ont été réhabilités : nouvelle peinture, cloisonnement, acquisition des bureaux, des chaises, des armoires métalliques, des ordinateurs, des imprimantes, des photocopieurs, des climatiseurs ; l’acquisition d’une machine à grande capacité pour la reproduction gratuite des supports de cours ; l’ouverture de l’ISC-Kinshasa au monde scientifique extérieur ; la visibilité de l’ISC-Kinshasa et rehaussement de son image au niveau national ; la construction d’une guérite moderne et imposante devant l’entrée principale donnant sur l’avenue de la Libération (ex-24 novembre) ; réhabilitation des bureaux du personnel administratif, etc.

De l’assainissement de l’environnement

En matière d’environnement, une toilette moderne pour le personnel de l’Institut a été construite, l’environnement assaini grâce notamment à la construction d’une voie pavée, sans oublier la réhabilitation du terrain de football.

Des toilettes des étudiants réhabilitées avec une capacité de plus de 12 latrines pour les filles et 10 pour les garçons ; un restaurant moderne pour les étudiants en partenariat avec une société privée congolaise, créée ; l’ISC s’est fait orner par la plantation des plantes et fleurs, question de se faire le porte-étendard des questions écologiques dans les milieux de l’ESU, une réponse au changement climatique.

Réhabilitation de l’éclairage public sur le site de l’Institut, une réforme environnementale qui redonne de la dignité à l’Institut.

Aussi curieux que cela pourrait paraître, tous ceux qui se reconnaissaient dans les antivaleurs déplorées et anéanties à l’ISC-Kinshasa, ont constitué des « poches de résistance aux nouvelles réformes ». On les a vu jubiler à l’occasion de la fin du mandat du comité Mbangala avec l’espoir de récupérer leur bifteck perdu, en se livrant aux vieilles habitudes de triste mémoire supra énumérées. Le DG Emile Ngoy Kasongo qui succède à Augustin Mbangala doit être averti pour pérenniser les acquis du comité sortant. « L’homme a la mémoire courte », dit un vieux proverbe chinois.

Comme l’on peut s’en rendre compte, le comité Mbangala qui quitte l’ISC-Kinshasa la tête haute, n’a pas laissé vides les caisses de celui-ci.

ACP/C.L./NKV/KAF