Libye : l’ONU reste prudente face à la crise politique

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Kinshasa, 17 mars 2022 (ACP).- Les principales puissances au Conseil
de sécurité de l’ONU comme l’Organisation ont affiché mercredi lors d’une réunion une grande prudence à l’égard de la crise politique qui secoue la Libye, sans prendre parti sauf la Russie pour l’un des deux exécutifs concurrents dans ce pays, a-t-on appris mercredi des agences internationales de presse.

« L’exécutif libyen est confronté à une crise qui pourrait, si elle n’est pas résolue, conduire à l’instabilité et à des gouvernements parallèles dans le pays », a
averti en ouverture de la session la secrétaire générale adjointe de l’ONU pour les Affaires politiques, Rosemary DiCarlo.
« L’ONU déploie des efforts considérables pour résoudre cette crise afin de convenir d’une base constitutionnelle pour la tenue d’élections dès que possible », a-t-elle précisé en louant le travail de la conseillère spéciale du chef de l’ONU, l’Américaine Stephanie Williams.

A défaut, le risque est une nouvelle division des institutions « et d’annuler les acquis des deux dernières années », a averti Rosemary DiCarlo.

La France a aussi appelé à préserver les acquis, les Etats-Unis rappelant que les Libyens voulaient avant tout des élections et l’Albanie résumant la position occidentale en parlant de prudence, patience et retenue.

Du côté de l’Afrique, pas de choix non plus entre les deux exécutifs. « Nous avons exprimé notre grande inquiétude face à l’impasse politique et à la possibilité de revenir sur les gains réalisés jusqu’à présent », a déclaré après la réunion l’ambassadeur du Gabon, Michel Xavier Biang, qui s’est exprimé aussi
au nom du Ghana et du Kenya, tous membres non permanents du Conseil de sécurité.

Au nom de la Russie, l’ambassadeur russe adjoint à l’ONU, Dmitry Polyanskiy, a, au contraire, affirmé le soutien de son pays au nouvel exécutif choisi par le Parlement siégeant à l’Est du pays et réfuté par Tripoli.

« C’est un pas important vers le règlement de la crise qui n’a que trop duré », a-t-il dit.

Alors que le Conseil de sécurité doit prolonger fin avril la mission politique de l’ONU en Libye, une échéance qui coïncide avec une fin de contrat renouvelable pour Stephanie Williams, le diplomate russe a vivement insisté pour une nomination la plus rapide possible d’un nouvel émissaire de l’ONU. ACP/ODM/RNL/NKV/TKM/MNI/MMC