Nécessité des mesures contraignantes contre les constructions anarchiques sur les emprises de la SNEL à Kinshasa

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Kinshasa, 17 mars 2022 (ACP).- La  ville  province de Kinshasa, capitale de la RDC, fait actuellement face à une évolution croissante des cas d’occupation anarchique des sites et emprises publics, notamment ceux de la Société nationale d’électricité (SNEL) qui exigent des mesures imposantes de l’autorité étatique en vue de mettre fin à ce phénomène et de garantir la sécurité de la population, ainsi que le développement durable.

Dans la quasi-totalité des communes qui composent la capitale congolaise, il ne manque point un site ou une emprise réservée à la SNEL, qui soit affectée de manière irrégulière à une occupation domiciliaire, à une activité marchande, sans la moindre inquiétude de la part des occupants, des dangers qui les guettent en permanence, de la nature infractionnelle de leur présence, ainsi que des préjudices qu’ils peuvent causer à l’Etat en cas d’accident.

Certains lieux dans les quartiers tels que : Rond-point SOCIMAT, l’Inspection générale de l’EPST, Utexafrica, Batetela à la hauteur de la SNEL, sont des exemples des sites où la population est exposée à un danger permanent.

A la Place Rail au Rond-point SOCIMAT, les vendeurs des meubles interrogés à ce sujet ont reconnu le danger qu’ils courent au quotidien avec la présence des câbles haute tension. Ils invitent, par ailleurs, l’autorité urbaine à leur trouver un endroit propice et sécurisé.

« Si nous quittons ici, nous irons où ?, si nous nous mettons à vendre sur la chaussé, la police viendra nous arrêter et nous ravir nos marchandises », a déclaré un vendeur qui a requis l’anonymat, avant d’ajouter « que l’Etat nous trouve un site mieux identifié et nous allons nous délocaliser ».

Fort curieusement, les habitants dudit quartier  ne trouvent pas trop d’inconvénients que leurs maisons soient en dessous de la ligne haute tension. D’après eux, ces dispositifs de la SNEL ont été aménagés plusieurs années après la naissance de ce quartier résidentiel.

Des quartiers envahis par des câbles  dénudés  de la SNEL exposant  à l’électrocution permanente la population

Plusieurs quartiers de Kinshasa disposent des sites et emprises de la SNEL exposant la population à l’électrocution permanente notamment dans les communes de Ngaliema, Kasa-Vubu,  Matete, Ngaba et Bumbu.

C’est le  cas notamment le long de l’avenue Monganga,  dans la commune de Ngaliema, au quartier Kinsuka pêcheur, à l’avenue Lubumbashi dans la commune de Kasa-Vubu, sur les avenues Birmanie et Shaba, longeant les communes de Ngiri-Ngiri et Bumbu, où l’on aperçoit des câbles  de raccordement aérien et comme sous terrain dénudés qui surchauffent ainsi que des raccordements illicites qui traversent les avenues en passant par les toitures des maisons.

Pour le chef de localité du quartier Kinsuka Pêcheur, Poli Malebo, les habitants de la ce coin font particulièrement face à une cabine électrique de la SNEL vétuste et inondée depuis l’extérieur des raccordements  désordonnés.

De son côté, le bourgmestre de cette municipalité, Dieu-merci Mayibanziluanga, a déclaré avoir pris des résolutions fermes pour prévenir toutes sortes de dangers à cet endroit, ajoutant qu’il tient également à l’évacuation des marchés pirates de la commune de Ngaliema, situés sur la chaussée et sous les câbles à haute, moyenne et basse tension.

Les lignes à haute tension en provenance d’Inga traversent aussi plusieurs quartiers de ladite commune, notamment les quartiers Maman Yemo, Joli Parc, CAC, Mfinda, Monganga, Benseke et Manenga.

Dans la commune de Ngaba, une situation similaire est aussi observée, notamment aux quartiers Mpila, Luyi, Baobab, Kianza et autres, où d’après un vendeur des consommables électroniques, Christian Lwemba, ces câbles électriques mal raccordés, se brûlent au quotidien et créent d’énormes dégâts tels que l’incendie des maisons et des cas d’électrocutions.

Dans la commune de Kinshasa, les vendeuses des pains, des « Malewa » et des tickets de Pari-foot ont installé leurs étalages sur les câbles électriques de la cabine haute tension de la SNEL située sur l’avenue Croix-Rouge et Luapula.

Bien que déguerpis à plusieurs reprises et au mépris des multiples alertes sur les risques encourus en restant à proximité d’une cabine du courant électrique haute tension, a déclaré, Mme Lucie Mayimona, une habitante, « ces occupations sont parfois favorisées par certains agents de la SNEL ».

Plusieurs quartiers de la commune de Kintambo sont, quant eux, confrontés au mauvais emplacement des poteaux de conducteur haute tension, partant de la route Benseke, jusqu’à la commune de Bandalungwa, en passant par le cimetière des musulmans et les quartiers 1 et 2 du Camp Luka.

Contacté par l’ACP, le chef du quartier Nganda Lubudi, Hibriche Goga, a proposé l’application par le gouvernement des mesures rigoureuses consistant à déloger et à délocaliser tous les occupants des maisons situées en dessous des conducteurs haute tension et les voies ferroviaires de la capitale, exigeant ainsi une distance de 50 mètres des emprises précitées.

Pour M. Hibrich Goga, le gouvernement devrait particulièrement indemniser ceux qui sont en règle avec les services des Affaires foncières et l’Urbanisme, en vue d’un règlement pacifique et durable du dossier.

Les quartiers Maman Mobutu (Dumez), Cité verte, Badiadingi et Kimbondo, dans la commune de Mont-Ngafula, sont aussi à compter parmi les zones exposées à un danger permanent, suite à des habitations érigées en dessous des câbles haute tension de la SNEL

Pour sa part, le gestionnaire technique de la SNEL de la localité de Kindele de ce même quartier, Éloge Limbaya a sollicité l’implication du service d’Urbanisme pour décanter cette situation, rappelant que cet endroit était inhabité.  Il suggère aussi que l’autorité urbaine impose le respect de la distance de 50 mètres par rapport à l’emplacement des poteaux de la SNEL.

Mme Getou Mayuma Kinsala, cheffe du quartier Cité verte, a fait savoir que cette question relève de la responsabilité du gouvernement central, soulignant ainsi la nécessité d’amorcer la démolition des constructions dans les emprises de la SNEL.

Dans la commune de Matete, c’est le quartier Dingi-Dingi qui se trouve envahi par des constructions anarchiques et des raccordements illicites présentant ainsi un besoin imminent d’urbanisation.

Le chef de ce quartier, Joseph Kiasala, a indiqué que cette entité administrative érigée à un endroit marécageux fait face à plusieurs constructions anarchiques et au manque des caniveaux pouvant faciliter la  canalisation des eaux  vers la rivière N’djili.

ACP/ODM/RNL/NKV/TKM/MNI/MMC