Appel à une action urgente pour préserver les tourbières de la cuvette centrale

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Kinshasa, 08 avril 2022 (ACP).- Les acteurs de la société civile environnementale de la RDC et de la République du Congo lancent un appel, dans une note de prise de position parvenue vendredi à l’ACP, à une action urgente pour préserver les tourbières de la cuvette centrale et pour reconnaître les droits fonciers coutumiers des communautés forestières.

Une tourbière est un écosystème particulier composé principalement de plantes adaptées à un milieu gorgé en eau et dont les débris s’accumulent. La lente décomposition de ces éléments produit la tourbe, matière contenant jusqu’à 50% de carbone. Les tourbières sont très importantes dans la régulation du climat grâce à leur grande capacité de stockage de dioxyde de carbone. La RDC et le Congo-Brazzaville regorgent de grandes tourbières.

Ces deux États ont réitéré leurs engagements pris au niveau national, sous régional et international. Ces engagements sont conformes à l’Initiative mondiale sur les tourbières, à la Déclaration de Brazzaville, à la Convention de Ramsar pour la protection des zones humides, à l’Initiative des forêts d’Afrique Centrale (CAFI) et à la 26ème Conférences des Parties des Nations Unies sur le climat (COP26).

Ces défenseurs de la nature conseillent aux gouvernements de deux Congo de veiller sur l’intégrité des tourbières et leur préservation, sans en faire des espaces à concéder aux investissements incompatibles à l’agro-industrie et aux exploitations du pétrole et du bois.

Ils appellent les deux pays à adopter des dispositions claires sur la gouvernance durable des tourbières dans les lois, les programmes et les politiques. Selon ces acteurs, l’observation indépendante à l’aide d’outils de surveillance communautaires dans les tourbières doit être renforcée. Ils ont exigé que des communautés locales soient informées et impliquées dans tous les processus de prise de décision sur la gestion des tourbières.

Ils suggèrent aux Etats bailleurs de s’abstenir de financer des programmes et projets non respectueux des lois, des règlements, des pratiques et des coutumes locales notamment la conservation militarisée.

La COMIFAC et la CEEAC appelées à développer dans le prochain plan de convergence des nouvelles articulations approfondies

Par ailleurs,  les acteurs de la société civile environnementale de la RDC et de la République du Congo appellent la Commission des forêts d’Afrique centrale (COMIFAC) et la Commission économique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC)à développer dans le prochain plan de convergence des nouvelles articulations approfondies à la gestion durable et protection des tourbières ainsi qu’à élaborer les lignes directrices spécifiques à la gestion et à la protection des tourbières dans le Bassin du Congo.

Les auteurs de cette position veulent voir les gouvernements des pays du Bassin du Congo agir pour réduire les menaces liées à l’exploitation industrielle des ressources naturelles dans les zones de tourbières. ACP/Kayu/RNL/Nig/TKM/MMC