Un sociologue propose de restaurer la protection sociale pour diminuer le phénomène enfant de la rue

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Une vue des enfants de la rue de Kinshasa

Kinshasa, 12 avril 2022 (ACP).- Le Pr Willy  Mbalanda de l’Université de Kinshasa a préconisé la restauration de la protection sociale des vulnérables, pour diminuer le phénomène  « Enfant de la rue » à Kinshasa, au cours d’un entretien avec l’ACP, à l’occasion de la Journée internationale des enfants de la rue, célébrée le 12 avril de chaque année.

Ce professeur du département de Sociologie à la faculté des Sciences sociales, politiques et administratives de l’UNIKIN considère ce phénomène comme la résultante de la détérioration de l’autorité parentale, et la défaillance des services étatiques des affaires sociales qui éprouvent des difficultés à atteindre leurs objectifs.

Il a proposé l’allocation par le Parlement, d’un budget conséquent en faveur des ministères des Affaires sociales, de l’Enseignement primaire, secondaire et technique ainsi qu’à celui de la Formation professionnelle, pour soutenir  l’encadrement à travers des centres d’hébergement, la récupération et réintégration des enfants dans leurs familles respectives.

Le Pr Willy  Mbalanda a souhaité également la mise en place d’un réseau technique au sein des affaires sociales, qui se chargera de cibler les plus vulnérables susceptible de bénéficier de l’aide du gouvernement.

Il a, par ailleurs, salué la gratuité de l’enseignement de base et tous les autres projets qui ont accompagné ce programme, notamment « Pas d’école sans banc », lesquels ont permis à certains enfants des familles démunies de regagner les structures scolaires.

Pour l’implication des scientifiques dans la recherche des solutions adéquates

Le chef de travaux Casimir Mpetshi Etshindo a, de son coté, plaidé pour une collaboration public-privé, particulièrement avec les scientifiques qui disposent d’une expertise en la matière, afin qu’ensemble, ils puissent travailler pour l’éradication du phénomène « Enfants de rue » à Kinshasa et dans l’arrière pays. « Les scientifiques ne sont pas impliqués dans la plupart des décisions prises par les autorités de l’Etat. Or, chaque année,  les professeurs d’université particulièrement ceux de la faculté des Sciences sociales, politiques et administratives soutiennent des thèses qui proposent des voies et moyens pouvant   amener à résoudre ce fléau qui ronge à petit feu l’avenir de la RDC », a-t-il déploré.

Ce sociologue a invité le ministère de la Recherche scientifique à un travail de synergie avec les scientifiques au profit de la réintégration des enfants vivant en dehors de familles, ce qui permettra aussi d’éradiquer le phénomène dit « Kuluna » (délinquance juvénile), une des activités entreprises par les enfants de la rue.

Cri d’alarme pour la prise en charge scolaire des orphelins

Par ailleurs, l’ONG Colk à lancé un cri d’alarme pour une prise en charge scolaire de plusieurs dizaines d’enfants qu’elle héberge, dont la plupart ont été récupérés dans les rues de Kinshasa.

La fondatrice de cette asbl a relevé quelques difficultés auxquelles fait face cet orphelinat notamment pour la formation des enfants et les soins médicaux.

Il faut souligner que l’ONG Colk fonctionne sur fonds propres, et sa fondatrice est en quête de partenaires locaux ou étrangers, privés ou publics, pour répondre à certaines obligations liées au vécu quotidien, à la scolarité et aux soins de santé de ses pensionnaires. « Tous ce que nous pouvons demander aux autorités, c’est de penser à ces enfants. Il y a parmi eux, ceux qui un jour, vont défendre l’honneur du pays dans divers domaines. Ce sont des filles et fils de la RDC qui ont été abandonnés par des adultes irresponsables », a dit la fondatrice de l’ONG Colk. Créée en février 1994, l’ONG Colk héberge à ce jour 90 enfants dont l’âge varie entre  1 jour et 24 ans, signale-t-on. ACP/