Le président de l’Assemblée nationale appelé à   matérialiser son engagement à rendre effective la parité

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Kinshasa, 15 avril 2022 (ACP).- Des structures pro-droits des femmes  ont exhorté le président de l’Assemblée nationale, Christophe Mboso, à matérialiser son engagement à rendre  effectives des dispositions constitutionnelles relatives à la parité homme-femme consacrées  par la Constitution, à travers un mémo lu jeudi devant le parlement.

Ces structures  au nombre desquelles la  Dynamique Nationale des femmes candidates de la RDC (DYNAFEC), Génération Egalité, Afia Mama, Rien Sans les Femmes (RSLF), ainsi que le Réseau des femmes leaders africaines (AWLN) issues de la Société civile rappellent  au speaker de la chambre basse qu’à l’ouverture de la présente session, il avait rassuré : « Que la femme congolaise que nous célébrons durant le mois de mars soit rassurée du soutien de la représentation nationale dans sa lutte pour la mise en œuvre effective des dispositions constitutionnelles relatives à la parité homme-femme ».

Elles estiment que l’heure est venue pour se mobiliser ensemble et mener des plaidoyers à tous les niveaux, particulièrement à l’Assemblée nationale qui va examiner, mercredi prochain la proposition de loi modifiant l’actuelle loi électorale’’.Le combat, soulignent-elle, c’est celui d’adapter  la loi électorale à la parité telle que prévue par l’article 14 de la Constitution.

Nombreuses actions de lobbying  ont été déjà menées

Pour rappel, la Loi électorale de 2006, telle que modifiée en 2011, 2015 et 2017 constitue l’un des éléments qui bloquent la participation des congolaises en politique, selon ONU Femmes, UCOFEM et d’autres organisations pro droits des femmes en RDC.

En 2015, le mouvement RSLF (Rien Sans les Femmes) avait collecté plus de 200.000 signatures dans une pétition pour réclamer l’ajout d’une clause stipulant que « dans un district comptant plus de deux sièges, un tiers des candidats figurant sur une liste devrait être de l’autre sexe ». Malheureusement, les législateurs n’ont pas tenu compte de la pétition et la clause est restée inchangée et il n’y a toujours pas de cadre légal rendant ce principe contraignant.

En 2017, le mot paritaire a été supprimé, de sorte qu’une « représentation de la femme » est suffisante. L’article 13 stipule désormais que la non-représentation de la femme ne constitue pas un motif d’irrecevabilité d’une liste. Les ONG n’ont pas baissé la garde.

En 2020, la Dynamique nationale des femmes candidates de la RDC s’était également lancée dans ce combat pour la modification de l’article 13 de la Loi électorale.

Le 26 mars 2022, l’ONG Journaliste pour les droits humains JDH/RDC avait organisé une table ronde au cours de la quelle nombreuses contributions avaient été apportées.

« Pour une loi électorale plus équitable et une meilleure représentativité de la femme dans les instances de prise de décision pour les prochaines élections en RDC », tel était le thème de cette rencontre qui avait accouché d’une dizaine de recommandations.

Ces structures ont demandé aux deux chambres du Parlement  « de voter une loi électorale qui favorise la participation électorale des femmes dans les postes électifs en RDC, en déclarant irrecevable toute liste électorale qui ne tient pas compte de l’équilibre homme-femme, d’exprimer de manière explicite la dimension genre dans la loi, et définir de manière chiffrée le pourcentage d’enrôlement des femmes dans le processus électoral.

ACP/ RNL/ CFM/ TKM/ SGB