Les services du FMI présentent les conclusions de la deuxième revue du programme avec la RDC

0
415

Kinshasa, 10 mai 2022 (ACP).- Les autorités congolaises et le Fonds monétaire international (FMI) sont parvenus à un accord au niveau des services pour la deuxième revue du programme triennal de la facilité élargie des crédits (FEC), lors de la réunion de la troïka présidée par le ministre des Finances Nicolas Kazadi, indique un communiqué du ministère des Finances reçu mardi à l’ACP.

Cet accord constitue l’une des conclusions  de la deuxième revue du programme et de la consultation au titre de l’article 5 avec la République démocratique du Congo (RDC).

Selon la même source, il doit être soumis à l’approbation de la direction du FMI au cours de la réunion du Conseil d’administration pour cette revue et la consultation Article IV est prévue fin juin 2022.

Le même document  révèle que la croissance réelle du Produit intérieur brute  (PIB) estimée à 6,2 %, a rebondi en 2021, soutenue par le secteur minier et les services, tandis que l’inflation s’est établie à 5,3 % à la fin de 2021. Le déficit du compte courant s’est réduit à 1% du PIB, grâce au niveau élevé des exportations minières.

Un rebond dans le secteur minier a permis une augmentation significative des réserves internationales brutes, atteignant près de 3 milliards de dollars pour  6,4 semaines d’importations à la fin de 2021. Le déficit budgétaire global s’est amélioré à 1 % du PIB en raison de recettes plus élevées et d’investissements inférieurs aux prévisions.

Pour sa part, Mme Vera Martin a fait savoir que dans ce contexte, la mise en œuvre du programme appuyé par la FEC est restée satisfaisante. Les données préliminaires suggèrent que tous les critères de réalisation à fin décembre 2021 ont été remplis. Cependant, l’objectif indicatif sur les dépenses de santé prioritaires n’a pas été atteint en raison des lacunes dans la mise en œuvre et un manque de coordination entre agences exécutantes. Les autorités ont également avancé dans leur programme de réformes structurelles.

 « Malgré d’importants risques à la baisse, notamment en lien avec la guerre en Ukraine, les perspectives pour 2022 restent relativement favorables et offrent des opportunités de consolider la stabilité macroéconomique », précise le document. La prévision de croissance, soutient la source,  a été révisée à 6,1% contre 6,4%. Un léger excédent du compte courant, tiré par des dons plus élevés et un déficit commercial relativement stable, soutiendra une accumulation de réserves supplémentaire. La hausse des prix internationaux de l’alimentation et de l’énergie devrait peser sur l’inflation et augmenter les dépenses courantes en raison de subventions non ciblées sur les carburants. Toutefois, la détérioration budgétaire devrait être contenue grâce à la bonne performance des recettes, a-t-elle souligné.

Les services du FMI apprécient l’engagement des autorités congolaises

Par ailleurs les services du FMI ont apprécié l’engagement des autorités congolaises consistant à renforcer leurs efforts de réforme afin de contenir les dépenses courantes et d’adapter les dépenses d’investissement à la capacité d’absorption. Une réforme progressive des subventions aux carburants réduira les pressions budgétaires et créera un espace pour des transferts sociaux ciblés plus efficaces afin de protéger les pauvres des futurs ajustements de prix.

 La maîtrise de la masse salariale, tout en assurant une rémunération adéquate, repose sur une réforme globale de la fonction publique qui rationalise les effectifs, révise la grille des salaires et prévoit le financement des retraites. D’autres réformes visant à continuer de mobiliser les recettes, à améliorer la gestion des investissements et des finances publiques, et la gouvernance budgétaire restent essentielles pour améliorer l’efficacité des finances publiques.

 Les recommandations

Les discussions ont également porté sur les réformes à la Banque centrale du Congo pour améliorer les sauvegardes, renforcer le cadre de la politique monétaire par l’augmentation des réserves internationales et améliorer la supervision bancaire, tout en soutenant l’inclusion financière.

 L’avancement des réformes structurelles reste essentiel pour favoriser la croissance inclusive et l’inclusion sociale. Pour soutenir l’activité économique, il faudra répondre aux importants besoins d’infrastructure, avec une hiérarchisation stricte et une mise en œuvre opportune des projets d’investissement propices à la croissance. La simplification du système fiscal et l’amélioration du climat des affaires et de la gouvernance restent essentielles pour soutenir la diversification économique, mobiliser les investissements et promouvoir une croissance tirée par le secteur privé. La transition énergétique mondiale offre des opportunités, notamment dans la mobilisation des financements climatiques.

Pour rappel, cette mission du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par Mercedes Vera Martin a séjourné à Kinshasa du 27 avril au 9 mai pour mener des discussions sur la consultation pour 2022 au titre de l’article IV et la deuxième revue du programme économique et financier de la République Démocratique du Congo (RDC) appuyé par une facilité élargie de crédit (FEC).

L’accord au titre de la FEC de 36 mois pour la RDC estimé à 1 066 millions de DTS (100% de la quote-part, soit environ 1,52 milliard de dollars) a été approuvé par le Conseil d’administration le 15 juillet 2021, pour aider à répondre aux besoins de financement liés à la pandémie de Covid-19. La première revue a été achevée mi-décembre 2021

ACP/Zng/ODM/OB/Fmb/Thd/NMM