Le Chef de l’Etat Félix  Antoine Tshisekedi insiste sur le dialogue avec les secteurs sociaux dans la perspective de la rentrée scolaire

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Kinshasa, 13 août 2022 (ACP).- Le Chef de l’Etat Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a exhorté  le gouvernement à poursuivre sa politique d’ouverture et de dialogue avec les différents secteurs sociaux en vue de s’assurer que la sérénité règne dans le domaine de l’enseignement dans la perspective de la rentrée scolaire, lors de la 64ème réunion du Conseil des ministres qu’il a présidée vendredi en visioconférence dans  son bureau à la cité de l’Union Africaine,  dans la commune de Ngaliema.

Le ministre de la Communication et médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe qui a procédé à la lecture du compte rendu de ce Conseil des ministres sur les antennes de la Radio télévision nationale Congolaise (RTNC), a fait savoir que le Président de la République s’est dit préoccupé par les bruits de grève initiés par le ban syndical.

Il a souligné que le Chef de l’Etat tient à encourager les processus d’évaluation de l’accord de Bibwa entre le gouvernement  et le ban  syndical et de tout mettre en œuvre pour la réussite de la prochaine rentrée scolaire, précisant que le monde universitaire à travers le ministère de l’enseignement supérieur est aussi concerné par ces discussions.

Au sujet du secteur de la santé, a-t-il poursuivi, le Président de la République a formulé la même recommandation à savoir le maintien du dialogue entre le gouvernement et les syndicats pour que ce secteur ne soit d’aucune manière affecté par les mouvements de grève.

Le ministre de la Communication a signalé par ailleurs que le Chef de l’Etat a instruit, sous la coordination du Premier ministre, les membres du gouvernement concernés chacun en ce qui le concerne, à accorder à cette question le bénéfice de l’urgence et à préparer un rapport circonstanciel au prochain Conseil des ministres.

Le Président de la République informé des activités minières illicites dans la province du Haut-Uélé

Le ministre Patrick Muyaya a révélé que le Président de la République a été informé des activités minières illicites, dans la province du Haut-Uélé, où il est signalé la présence des sujets étrangers exploitant les minerais d’or au moyen d’engins lourds, soit dans les zones d’exploitation artisanale en complicité avec des coopératives minières des étrangers, soit dans les périmètres de recherche non encore transformés en permis d’exploitation ou encore dans les aires protégés.

A cet effet, il a précisé que ces pratiques violent les dispositions du code minier relatif à l’éligibilité à l’exploitation artisanale et ceux ayant trait aux aires protégés.

Tout en rappelant ses instructions lors de la 29ème réunion du Conseil des ministres en rapport avec la lutte contre la fraude minière, notamment la poursuite de l’identification des périmètres de recherche où s’effectuent les activités minières illicites, et compte tenu de la recrudescence de ces phénomènes dans la partie Est du pays, le Chef de l’Etat a instruit le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, sécurité et décentralisation à prendre des actions urgentes pour stopper sans délai ces exploitations illégales.

En outre, l’implication étroite de la ministre de la justice et celle des mines a été requise, par le Président de la République pour initier une mission d’enquête sur les activités illicites dans cette partie du territoire national afin de le faire part, assorti des recommandations lors du prochain Conseil des ministres.

La troisième revue de la facilité élargie de crédit et atteinte des objectifs du programme conclu avec le Fonds monétaire international,  le Chef de l’Etat a salué la conclusion satisfaisante, le 29 juin dernier des consultations au titre de l’article 4 de la deuxième revue de la facilité élargie de crédit accordé au pays, suivi du décaissement immédiat d’un crédit de 203.000.000 dollars américain en vue de répondre aux besoins de financement de la balance de paiement.

Il a insisté sur la nécessité pour le gouvernement de concentrer davantage ses efforts sur l’amélioration du social de la population, à poursuivre les efforts afin d’ajuster de manière crédible les politiques macroéconomiques mises en œuvre, en vue de continuer à amortir les chocs provoqués par la crise Russo-Ukrainienne et répondre à l’impératif de la restauration de la paix dans l’est du pays.

Face à cet impératif d’assurer le plein succès de la troisième revue qui permettrait à la RDC de bénéficier des décaissements supplémentaires au titre de la facilité élargie des crédits, le ministre d’Etat, ministre du Budget et le ministre des Finances ainsi que le gouverneur de la Banque centrale ont été chargés par le Président de la République sous la direction du Premier ministre de prendre toutes les mesures susceptibles de renforcer la crédibilité du processus budgétaire afin de consolider le cadre politique monétaire et d’échange, mais aussi de favoriser la diversification de l’économie congolaise afin de soutenir une croissance inclusive.

« Sur les efforts consentis pour un budget Pro investissement et social, le Président de la République suit avec intérêt le processus de l’élaboration du projet de budget pour l’exercice 2023. Il a recommandé que celui-ci soit significativement axé sur la programmation des dépenses d’investissement dans les secteurs sociaux de base, notamment la santé, l’éducation et le développement rural ainsi que dans les secteurs des infrastructures d’intégration nationale» a-t-il souligné.

Il devra en outre inclure, a-t-il poursuivi, le soutien à l’entrepreneuriat local via la dotation des moyens conséquents afin de soutenir les activités d’investissement des jeunes entrepreneurs afin de contribuer à la création des emplois et à la richesse nationale, source de l’amélioration du bien-être collectif.

« Il est donc attendu lors de son exécution, une intensification des actions d’acquisition des équipements dans les domaines de l’énergie, de la santé, de l’éducation et de la construction des infrastructures dont la finalité visent l’amélioration sensible des conditions de vie des populations sur l’ensemble du territoire national » a-t-il martelé.

De ce fait, a-t-il dit,  le gouvernement a été encouragé à fournir plus d’effort en vue d’élargir l’espace budgétaire, afin non seulement de mobiliser plus de recettes publiques, mais aussi de rationaliser ses dépenses publiques. Pour lui, cette rationalisation passe impérativement par la réduction du train de vie des institutions publiques, de façon à réduire substantiellement les dépenses courantes au profit de celles d’investissements sociaux et structurants.

Le ministre de la Communication a précisé que sous la supervision du Premier ministre, le ministre d’Etat, ministre du Plan et le ministre d’État en charge du Budget ont été chargés de veiller à ce que cette priorité d’investissement soit prise en compte dans l’élaboration du projet de la loi de finances pour l’exercice  2023.

Attaque contre la Monusco : le Chef de l’Etat lance un appel au calme

Avant d’entamer sa communication, le ministre de la Communication a fait savoir que le Président de République a fait le point sur la situation sécuritaire tendue observée vendredi à Butembo, consécutive à un regain des violences contre la MONUSCO.

Dénonçant l’attaque dont la police fait l’objet de la part des présumés groupes rebelles Maï-mai et autres victimes, causant quatre (4) morts du côté des agents de l’ordre et plusieurs blessés ainsi que l’incendie des véhicules, le Président Félix  Antoine Tshisekedi a présenté ses condoléances aux familles touchées et lancé un appel au calme.

Il a chargé le gouvernement de prendre les dispositions qui s’imposent, notamment en assurant la sécurité du personnel de la MONUSCO aussi bien congolais qu’étranger pour faciliter la mission de cette organisation.

En outre, il s’est dit préoccupé par les tensions vécues il y a quelques jours dans la province de Mai-Ndombe entre les communautés Yaka et Teke, appelant ainsi le gouvernement à prendre des mesures idoines pour ramener la sérénité dans cette partie du territoire.

Le Premier rassure le Président de la République du bon déroulement du dialogue entre le gouvernement et ban syndical de l’EPST

Intervenant à la suite du Président de la République, le Premier ministre a informé le Conseil que dans la perspective d’une rentrée scolaire apaisée, une commission paritaire ban gouvernemental et ban syndical du secteur de l’Enseignement Primaire Secondaire et Technique (EPST) se tient présentement à Mbuela Lodge dans le Kongo Central.

L’objectif de ces assises, a-t-il précisé, est d’évaluer le niveau la mise en œuvre de l’addendum au protocole d’accord signé entre les deux parties en septembre 2021, sur l’amélioration des conditions sociales des enseignants, notamment leur rémunération, leur retraite, leur carrière et la gestion de nouvelles unités.

Le chef du gouvernement a invité, par la même occasion, les ministères de la Fonction publique, de la Santé, hygiène et prévention et celui de l’Enseignement supérieur et universitaire à prendre des initiatives afin de décrisper le climat social actuellement plombé par quelques bruits de grève.

Le premier ministre a expliqué au Conseil que consécutivement à la recommandation du Président de la République lors de la 63èmeréunion du Conseil des ministres, le niveau de satisfaction des clauses suspensives contenues dans la convention amandée et consolidée du 11 décembre 2021 relative à la matérialisation du projet port en eaux profondes de Banana, entre le gouvernement et la firme Dubaï Port World.

Pour lui, il s’agit des conditions à relever liées à la responsabilité directe du gouvernement que les engagements pris par le concessionnaire, avant de souligner que le processus avance de manière satisfaisante.

En effet, il a appelé les membres de son gouvernement à la responsabilité afin que les efforts fournis actuellement pour la maîtrise du cadre macro-économique et l’accroissement des recettes publiques ne dérapent d’aucune manière et sans aucun prétexte.

ACP/