La 2ème session parlementaire ordinaire de 2022

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sous le signe budgétaire et sécuritaire 

(Par Séraphin N’Kiere)

Kinshasa, 14 sept 2022(ACP).- La deuxième et dernière session ordinaire du parlement pour cette année 2022 s’ouvre ce jeudi 15 septembre 2022, au Palais du peuple, conformément à la constitution.     Pour cette  session dite budgétaire, le législateur a prévu  que c’est au début de ces travaux, le 15 septembre au plus tard, que le gouvernement a l’obligation de déposer les prévisions budgétaires pour l’exercice 2023,une année électorale.

Le Président de la République, Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a, pour sa part, instruit l’Exécutif national afin que le budget de l’État pour l’exercice 2023 soit social, afin de relever le niveau de vie des populations de la République Démocratique du Congo.

Pendant que le ministre du Budget vient de mettre en place un nouveau moyen de gestion des marchés publics , une culture mieux, un instrument de contrôle et de gestion budgétaire avec le SIMAG, il est important que l’État examine et approuve une fois pour toutes ,le Salaire minimum garanti (SMIG) en RDC . Et pour tout cela, le Parlement est vivement attendu.

Des questions sécuritaires

En dehors de la question budgétaire, il y a les questions sécuritaires qui occupent toute l’actualité en RDC, depuis l’état de siège sur une partie du territoire national, principalement au Nord-Kivu et en Ituri, à travers l’ordonnance présidentielle du 03 mai 2021.

L’on constate  des efforts qu’entreprennent les gouvernements militaires et de la police mis en place dans ces provinces.

Des résultats palpables, dit-on, avec une certaine accalmie, bien que les armes continuent à dicter leur loi, notamment en Ituri, où les miliciens de la Coopération  pour le développement du Congo (CODECO), récalcitrants, s’entêtent et  font parler d’eux : des coupures des routes d’intérêt national, des villages entiers brûlés dans le territoire d’Irumu etc…

Le lieutenant général Johnny Luboya  Nkashama et son adjoint, le commissaire divisionnaire Benjamin Alongaboni ne désarment pas. Une mission des « émissaires de paix « du Chef de l’État dépêchée en 2020, a eu à  faire le point de sa tournée ponctuée de la signature d’actes d’engagement, parfois non respectés, de la libre circulation des personnes et des biens, de l’identification des sites des localités requises des combattants.

Il faut saluer, dans ce cadre,  des efforts diplomatiques du Chef de l’État avec des réunions à Nairobi et à Luanda. C’est l’occasion de saluer  également la condamnation, par la Communauté internationale, du groupe des terroristes pro-rwandais du M23 qui tiendrait encore la bourgade de Bunagana, à Rutshuru (Nord-Kivu) jusqu’à ce jour.

Hélas ! Pendant qu’on essaie d’éteindre le feu à l’Est, avec l’apport de nos vaillants éléments des FARDC, à l’Ouest, plus près de la capitale de la RDC, dans le territoire de Kwamouth( signifiant la bouche du Fleuve), des tensions sanglantes ont fait plus de 30 morts (chiffres officiels)entre les Teke et Yaka.

Tout cela s’est  passé, en dépit de la présence sur le terrain des autorités territoriales et des services de renseignements. Même la Justice est restée absente, comme l’a constaté la ministre d’État en charge de la Justice, Rose Mutombo Kiese, membre d’une délégation gouvernementale dépêchée à Kwamouth.

Et pour tous ces dossiers sécuritaires le Parlement est, encore une fois, attendu.

Légiférer, contrôler et représenter les provinces

Le Parlement, et surtout le Sénat, au regard de la situation à l’Est, devra accorder tous les moyens financiers à l’Armée, mais tout en se penchant sur la mission de légiférer, contrôler et représenter les provinces. Les deux Chambres du Parlement devront donc, comme à la dernière session de mars 2022, voter des projets et propositions de loi surtout à caractère social, mais aussi politique, à l’approche des élections du 2023, et économique.

Il convient de rappeler qu’à la dernière session de mars, 4 projets de loi portant autorisation de l’état de siège ont été adoptés, votés et promulgués ainsi que près de 20 projets de loi de ratification des accords signés entre la RDC et ses partenaires.

Dans le cadre du contrôle parlementaire, au Sénat,  des questions orales, près de six, avec débat des sénateurs Victorine Lwese Bakwamoyo,  Denis Kambayi Cibumbu, Auguy Ilunga Civwila, ont été adressées aux ministres des Mines, de la Culture et patrimoine, des Ressources Hydrauliques et au vice-premier ministre en charge de l’Intérieur, sécurité et affaires culturelles,  pour l’organisation et le fonctionnement de la police.

Selon le président du Sénat , le Pr Modeste Bahati Lukwebo, toutes ces initiatives visent l’amélioration de la gestion et la promotion du bien-être social. Maintenant que les députés et sénateurs reviennent de leurs circonscriptions électorales où ils ont vécu les réalités, il leur incombe de  rester branchés sur l’actualité nationale, politique et sécuritaire, ainsi que  sur celle de l’arrière-pays.

La session ordinaire de septembre 2022 devrait être non seulement budgétaire, mais aussi  accrochée à un sujet d’intérêt national et prioritaire, à savoir la montée en puissance de nos forces de défense et de sécurité qui nécessite des dépenses, pour ramener la paix et  la sécurité sur toute l’étendue du territoire national. Et cela, sans toutefois oublier de  faire une bonne politique, en vue de baliser la « route » vers les élections libres et démocratiques qui pointent à l’horizon. ACP/