Sama Lukonde promet de soumettre au Chef de l’Etat Félix Tshisekedi, le rapport d’évaluation de l’état de siège en Ituri et au Nord-Kivu

0
417

Goma, 25 septembre 2022 (ACP).- Le Premier ministre, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, a promis de soumettre au Chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, le rapport d’évaluation de l’état de siège en Ituri et au Nord-Kivu, peu avant de quitter vendredi, Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, à l’issue d’une mission dans les deux provinces.

«  Je vais soumettre en toute primeur, le rapport  à l’Autorité Suprême du pays qui tient à ce que la paix et la sécurité soient rétablies sur l’ensemble des provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu pour y amorcer effectivement les actions de la reconstruction et le rétablissement de l’autorité de l’Etat », a-t-il dit, faisant la récapitulation devant la presse de sa mission officielle effectuée dans les deux provinces.

« Comme vous savez, la paix et la sécurité dans cette partie du pays, sont très chères au Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo », a encore  souligné le Premier ministre rappelant qu’au terme des échanges avec les membres des conseils provinciaux de sécurité ainsi qu’avec toutes les forces vives dans les deux provinces, il avait eu un aperçu clair des taches attendues par les uns et les autres.

Le chef du gouvernement central a dressé un bilan des activités déployées dans cette partie du territoire national, où, a-t-il précisé,  en plus de l’évaluation de la mise en œuvre de l’état de siège, il était venu compatir avec les familles endeuillées et celles des déplacées à la suite des atrocités commises par les forces négatives, dont les ADF et les terroristes du M23 soutenus par le Rwanda.

Le ressenti des forces vives à Goma comme à Bunia

A Goma, tout comme à Bunia, cette tournée était l’occasion, pour le chef du gouvernement, de discuter aussi avec toutes les forces vives en vue d’avoir leur ressenti et mieux orienter l’action gouvernementale pour le mieux-être de la population de ces terroirs.

« Ici, dans la province du Nord-Kivu, comme nous l’avions fait aussi d’ailleurs en l’Ituri, nous avons annoncé que nous venions pour d’abord, être aux côtés de ces familles qui sont endeuillées, être aux côtés de ces familles qui sont déplacées », a encore indiqué le Premier ministre qui s’est dit  conscient de la situation que traversent actuellement les compatriotes ayant été contraints à l’errance dans la région de Bunagana où des familles des déplacés sont d’ailleurs rentrées sur le sol de leurs ancêtres par patriotisme et qui ont besoin d’une assistance humanitaire conséquente.

S’agissant des échanges avec les mouvements citoyens et la société civile, Jean-Michel Sama Lukonde a  fait appel à leur sens de responsabilité, soulignant que la Constitution garantit toute forme de revendications, sous réserve de la garantie au droit à la vie par la même Loi Fondamentale de la RDC.

Parlant des marches et autres revendications exigeant le départ de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) sur demande des organisations citoyennes et des mouvements pro démocratie, le Premier ministre a déploré les pertes en vies humaines enregistrées tout en conseillant qu’au vu de la situation sécuritaire difficile, il faut plutôt concentrer les efforts  « là où nous avons véritablement ces forces négatives, cette agression que nous avons, qui est activée par le Rwanda ».

Le gouverneur enjoint de trouver  les voies et moyens de lever le couvre-feu à Goma

Sensible aux préoccupations de la population, le chef du gouvernement a, à cette occasion, instruit le gouverneur militaire du Nord-Kivu à trouver, de commun accord avec le Conseil provincial de sécurité, les voies et moyens  de lever le couvre-feu dans la ville de Goma.

« Nous avons eu aussi à Bunia, cette demande qui a été faite particulièrement pour la ville de Goma, en ce qui concerne les restrictions en termes de déplacements. Et nous avons discuté avec le gouverneur militaire et donner une indication pour qu’il puisse très vite réunir le Conseil de sécurité et voir les modalités de lever le couvre-feu, tel que c’est vécu actuellement dans la ville de Bunia, tout en garantissant la sécurité des personnes », a-t-il indiqué.

À propos des questions, notamment de la sécurité et de banditisme, le Premier ministre a assuré qu’avec les autorités militaires, des dispositions ont été prises pour que cessent les tracasseries déplorées car, a-t-il dit « nous estimons que nous, en tant qu’autorités, nous devons suivre ce que la population nous dit et travailler dans le sens de lui garantir son bien-être. C’est une population, qui n’a que trop souffert. Et donc, nous sommes très sensibles aux messages qui nous sont donnés ».

Les préoccupations des forces vives du Nord-Kivu soumises au Premier ministre

Peu avant de reprendre son avion dans la soirée, le Premier ministre, Jean-Michel Sama Lukonde,  a reçu tour à tour, une délégation des forces vives ainsi que celle des animateurs des institutions politiques de la province du Nord-Kivu, venues lui soumettre leurs préoccupations.

Il s’agit notamment des délégués de la société civile, des confessions religieuses, des mouvements citoyens pro démocratie et ceux du conseil provincial de la jeunesse.

Plusieurs questions liées principalement à  la sécurité surtout à l’état de siège ont été abordées au cours de ces échanges, en présence des députés nationaux membres de la Commission défense et sécurité de la Chambre basse du Parlement ainsi que les membres du gouvernement qui était dans sa suite.

Selon le porte-parole de la délégation et président provincial de la société civile John Banyene Balingene, la population de sa province ne jure que sur la paix et la sécurité.

« Nous venons d’être reçus par le Premier ministre. Le message phare que nous avions est relatif à l’évaluation de l’État de siège. Vous savez que nous ici, au Nord-Kivu, nous sommes toujours dans l’insécurité récurrente. Nous avons demandé au Premier ministre de chercher un autre moyen pour nous faire sortir de cette insécurité. En tant que Congolais, nous avons aussi droit à la paix et à la sécurité », a-t-il déclaré à l’issue de l’audience.

Selon John Banyene Balingene,  les forces vives ont aussi fustigé l’incapacité de la MONUSCO à rétablir et maintenir la paix dans cette province.

«Les propos même du secrétaire général de l’ONU ont montré que la MONUSCO ne nous aidera en rien même s’ils peuvent faire un siècle ici chez nous. Elle doit plier bagages », a-t-il souligné.

Elles ont également souhaité la libération rapide de la cité de Bunagana et ses environs.

« A part cela, nous avons fait une demande légitime de dire qu’on doit libérer la cité de Bunagana et toutes les entités qui sont  sous l’emprise du M23, le plus urgemment possible », a-t-il encore dit, avant de signaler que le Premier ministre et son gouvernement ont rassuré de leur disponibilité à apporter des solutions à toutes ces questions.

« Le Premier ministre nous a dit que toutes ces revendications sont légitimes et qu’ils vont s’y mettre pour voir comment répondre favorablement aux désidératas de la population », a conclu le président de la coordination provinciale des forces vives  et organisations membres de la société civile au Nord-Kivu.

ACP/ KHM/CL/KMT