Le Chef de l’Etat charge le gouvernement de documenter les faits infractionnels de la zone de conflit de Kwamouth

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Kinshasa, 08 octobre 2022 (ACP).- Le Chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a chargé vendredi, quelques membres du gouvernement à travers leurs services spécialisés, sous la supervision du Premier ministre, de documenter les faits infractionnels sur l’ensemble du périmètre concernés de la zone de conflit de Kwamouth afin  d’accélérer le rétablissement partout de l’ordre public, au cours de la 72ème réunion du conseil des ministres ténue en visioconférence. Le ministre de la Communication et médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe qui a procédé à la lecture de ce compte rendu sur les antennes de la Radio télévision nationale congolaise (RTNC), a fait savoir que le Président de la République a chargé, à cet effet, le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières, la ministre d’État,  ministre de la Justice et garde des sceaux et le ministre de la défense nationale de l’exécution de cette mesure, avant de souligner que le conflit Teke-Yaka qui dure depuis plus d’un mois dans le territoire  de Kwamouth, a pris des proportions inquiétantes avec des pertes en vies humaines et matérielles.

Pour lui, cette situation inacceptable vient troubler la paix entre communautés qui ont toujours vécu en harmonie, précisant qu’au-delà des efforts louables déployés à la fois par les autorités provinciales et celles du gouvernement central, d’autres défis demeurent, notamment la sécurisation de la route nationale numéro 17. A cet effet, le Chef de l’Etat a lancé un vibrant appel au calme à l’ensemble de la population du grand Bandundu et à redoubler la vigilance afin de dénoncer tout acte susceptible d’exacerber le compte.

Le commandant suprême des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) a, en outre, encouragé le ministère des affaires sociales, action humanitaire et solidarité nationale d’activer rapidement un plan de gestion des flux migratoires à impacts sociaux comme réponse rapide et efficace pour une prise en charge d’urgence  et a instruit le ministre des Affaires sociales de lancer sans délai une campagne de solidarité nationale en mettant à contribution la société civile pour la sensibilisation de la population à cultiver la paix dans ce coin de la République.

De la rationalisation de l’action de la justice dans le renforcement de la gouvernance publique et de l’État de droit

S’agissant de la rationalisation de l’action de la justice dans le renforcement de la gouvernance publique et de l’État de droit, le Président de la République a rappelé le rôle pivot reconnu à la justice dans l’architecture institutionnelle du pays.

« Il revient  de constater que loin de se relever de ses faiblesses, pour l’instant notre justice va encore mal, s’invitant sur le banc des accusés à la grande incompréhension et désolation de notre peuple. Chaque jour, dans tous les coins du pays, le peuple assiste abasourdi scandaleusement à des actes ou des comportements de certaines acteurs judiciaires ainsi qu’à des actions ou décisions judiciaires à la limite du hasard et de la théâtralisation de celle-ci, creusant davantage, la méfiance le plus légendaire entre le peuple et la justice » a-t-il déploré.

Le Président de la République a indiqué qu’au regard du dysfonctionnement relevé tant pour ce qui concerne la justice pénale, la justice civile ou administrative qui sont la voie qui mène à la justice, est assimilée à tort ou à raison à un véritable chemin de  la Croix, précisant que dans cet environnement, le conseil supérieur de la magistrature devrait se mobiliser pour relever efficacement les défis de la régulation administrative et disciplinaire de la magistrature.

« Le Président de la République attend aussi y veiller dans le cadre de ses prérogatives constitutionnelles, car face à une telle situation, c’est lui qui devient pour la population en danger et désespéré comptable ou coupable de cette inaction ou de l’action désarticulée de la justice » a-t-il renchéri.

Sans enfreindre à l’indépendance constitutionnelle du pouvoir judiciaire qui bien plus qu’un droit exclusif pour le magistrat, en est une garantie reconnue pour les justiciables d’avoir une justice impartiale , le Président de la République a chargé la ministre d’État, ministre de la Justice, garde des sceaux de travailler avec le Conseil supérieur de la magistrature en activant la passerelle légale du cadre de concertation prévue à l’article 17 du règlement intérieur du Conseil supérieur de la magistrature afin de proposer une série de pistes de solution rapide.

«D’autant que l’Inspection générale des services judiciaires et pénitentiaire comme instrument d’accompagnement du ministère de la Justice est appelée à jouer son rôle de manière efficace, il va sans dire que si le problème est structurel, une évaluation s’avère capitale afin de conduire à une révisitation des mécanismes  légaux et même institutionnels pour insuffler  à la justice un souffle nouveau », a-t-il dit

De la délivrance des documents relevant de l’autorité de l’État.

Le Président de la République Felix Tshisekedi a rappelé que la construction d’une administration publique, dynamique est un pilier majeur du renforcement de l’autorité de l’État,  par ricochet, du développement du pays. Aussi, a-t-il ajouté, l’un des indicateurs d’une administration dynamique est la promptitude de ses actions et ses interactions dans ses rapports avec les usagers tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.

«Il est donc inadmissible que la délivrance des documents qui matérialisent  l’autorité de l’État, notamment le passeport, les imprimés des valeurs, les titres académiques et scolaires, les documents relevant de l’identification, permis de conduire et d’autres,  deviennent une question des mois ou  voir des années », a-t-il déclaré.

 Pour ce faire, le Président de la République a chargé les membres du gouvernement, chacun en ce qui le concerne, d’agir avec diligence pour qu’avant la fin de cette année 2022 des options claires soient levées   en vue d’une solution durable à ce problème, qui est une cause des inquiétudes nationales.

Dans le même sens, Il a encouragé le Premier ministre à prendre toutes les dispositions nécessaires afin que la responsabilité de la production de tous les imprimés de valeur puisse revenir de manière définitive et exclusive à l’hôtel de monnaie de la Banque centrale du Congo.

Le Chef de l’Etat a évoqué  la nécessité de renforcer les activités du service national afin de les étendre progressivement dans d’autres provinces, en rappelant que depuis sa relance, celui-ci a produit plus de 6.000 tonnes de Maïs à Kaniama Kasese dans le Haut-Lomami et mêmement  dans le Kongo-Central,  et travaille également en vue de produire au moins 10.000 tonnes à la fin de l’année 2022.  Ainsi, a-t-il dit, le service national approvisionne régulièrement les cantines de militaire en farine de maïs contribuant à l’amélioration de leurs conditions de vie et de celles de leurs familles.

Le Chef de l’Etat a   précisé que le service national à recruter plus de 3.000 jeunes qui pour la plupart étaient des délinquants considérés comme des perdus de la société, devenus aujourd’hui des bâtisseurs, affirmant que les activités du service national participent   tant soit peu à l’amélioration de la sécurité alimentaire, notamment par la stabilisation de prix de certaines denrées, à l’amélioration des conditions des vies de la population en général et des militaires en particulier, à la construction des infrastructures et équipements d’utilité publique, à la réintégration sociale des jeunes délinquants et à l’amélioration de la sécurité dans les villes. De ce fait, il a signalé la nécessité de renforcer ces services afin de les déployer à travers toutes les provinces de la République dans le meilleur délai.

Vers  un dialogue social avec  le ban syndical des médecins

A la suite de l’intervention du Président de la République, le Premier ministre, chef du gouvernement  Jean-Michel Sama Lukonde a  fait part au conseil de la poursuite du dialogue avec le ban syndical  des médecins et  d’autres professionnels de santé à Bibwa et de la nécessité de faire aboutir ces processus dans le cadre du dialogue social.

Il a présenté également l’économie du programme de développement local(PDL) de 145 territoires qui a atteint son point culminant.

« Pour ce qui concerne le  PDL de 145 territoires, celui-ci est rentré dans une phase décisive de sa mise en œuvre avec la signature cette semaine des contrats des marchés   entre la CFEF et les sociétés congolaises qui ont gagné les différents contrats. ACP/Lys