Kinshasa : matinée citoyenne sur la gestion participative des déchets ménagers à Kinshasa

Kinshasa, 09 août 2019 (ACP).- Le président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa (APK), Godefroid Mpoyi Kadima a révélé, vendredi, au cours d’une matinée citoyenne sur la «Gestion participative des déchets ménagers dans la ville de Kinshasa», que cette dernière produit 9.000 tonnes des déchets quotidiens d’après les études de la Banque mondiale. Selon lui, le traitement de la tonne de déchets coûte 30 USD, or la ville produit par mois 270.000 tonnes des déchets qui exigent plus de 7 millions USD pour son évacuation.

Godefroid Mpoyi a indiqué que pour réaliser les quatre volets d’assainissement de Kinshasa à savoir : le volet primaire, la lutte anti-vectorielle, le reboisement ainsi que l’embellissement, l’ensemble de cette opération nécessite un montant de 144 millions USD par an. Il a focalisé son exposé sur la vision de l’APK et les questions liées à l’environnement, avant de donner les perceptives et les avantages pour avoir une ville assainie.

Le président de la commission permanente Aménagement du territoire, environnement et développement durable de l’APK, Joseph Mbo Kazala, a salué la présence de différentes personnalités venues «s’imprégner du bien-fondé de la gestion des déchets ménagers pour un environnement sain dans lequel la population kinoise doit vivre en vue de la préserver contre certaines épidémies».

Il a annoncé la duplication de ces matinées dans toutes les communes de la ville de Kinshasa, en vue de toucher toutes les couches sociales par la sensibilisation à bien gérer les déchets ménagers. Aussi, sa matérialisation nécessite l’accompagnement de différents partenaires qui doivent apporter leur soutien à la politique de l’exécutif provincial de Kinshasa dans sa vision environnementale à travers l’opération «Kinshasa bopeto, Kinshasa Engenga».

Pour la maximisation des forces et des opportunités dans la gestion des déchets ménagers

Le ministre provincial de l’Environnement, tourisme et aménagement de la ville de Kinshasa, Didier Tenge te Litho, qui ait intervenu sur «l’état des lieux de l’assainissement de la ville de Kinshasa à travers une analyse stratégique», a opté pour la méthode qualifiée «Swot», consistant à maximiser les forces, les opportunités, les faiblesses ainsi que les menaces. Le ministre a signifié aux participants que la réalisation de ce projet qui se veut participative et fédérative corrobore bien avec la vision de l’initiateur du programme «Kinshasa-bopeto», le gouverneur de la ville de Kinshasa, Gentiny Ngobila Mbaka.

Il a encouragé les organisateurs de cette matinée citoyenne de créer une dynamique autour de la gestion des déchets ménagers et d’orienter les actions à mener dans le sens d’atteindre les résultats escomptés. Didier Tenge te Litho a établi l’état des lieux relevant d’une dégradation inquiétante dans l’assainissement de la ville de Kinshasa caractérisée au quotidien par une production toujours croissante d’ordures, dont plus de 70% ne sont pas évacuées dans des décharges agréées et contrôlées.

Cela a pour conséquence, selon lui, l’entassement des immondices sur les artères principales et lieux publics, le déversement dans des cours d’eaux, la vidange à ciel ouvert des fosses septiques et la prolifération des moustiques, des mouches et des souris, etc. Le ministre Tenge Te Litho a aussi évoqué les causes profondes de cet état des choses dues essentiellement à l’inconscience et à l’incivisme de la population, l’insuffisance des moyens d’évacuation et de stockage des immondices et l’absence des mécanismes de traitement des déchets tant solides, liquides que gazeux.

Il a envisagé par la suite les opportunités axées sur la nouvelle dynamique impulsée par les nouvelles autorités nationales et provinciales, la possibilité de mener des réformes pour améliorer la situation actuelle, l’adhésion de la population aux initiatives des nouvelles autorités et la modalité de restructuration de la régie d’assainissement de la ville de Kinshasa (RASKIN).

De la valorisation des déchets ménagers solides

Le chef des travaux Alfa Weya Mazikene de l’Université de Kinshasa (UNIKIN) a axé son exposé sur les causes de l’insalubrité à Kinshasa, l’absence  de la culture urbaine, le manque d’initiatives en ce qui concerne la gestion des déchets et la problématique de l’urbanisation de la ville de Kinshasa. Il a catégorisé deux types des déchets, à savoir biodégradables (artificiels et naturels) et non biodégradables.

Les déchets biodégradables artificiels, dont les papiers et les cartons usagers peuvent être recyclés et valorisés dans les papeteries et imprimeries. Tandis que les biodégradables naturels (le reste des repas, de légumes, débris des végétaux, déjections animales …) peuvent être transformés. ACP/DNM/JLL

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