La RDC appelée à saisir de son arsenal juridique pour mettre terme au travail des enfants

Kinshasa, 12 juin 2019 (ACP).- La RDC est appelée à mettre en œuvre tout son arsenal juridique pour mettre un terme au travail des enfants car il  est clairement établi que la législation sociale en vigueur au pays interdit drastiquement le travail des enfants, sauf en cas de dérogation juridique, a dit Me Willy Kipoy, expert au ministère du Travail, lors d’un entretien mercredi avec l’ACP, en marge de la Journée internationale de lutte contre le travail des enfants.

Pour l’expert, la responsabilité qui incombe au gouvernement, particulièrement au ministère du Travail, emploi et prévoyance sociale est de vulgariser, de prévenir et surtout de faire appliquer la loi dans toute sa vigueur, afin que les droits de l’enfant en matière du travail ne soient pas violés, sous quelques prétextes que ce soient.

Il a indiqué que le fléau dont question tire son origine notamment de la déperdition scolaire, de la pauvreté et des conflits armés. En termes clairs, a-t-il soutenu, un enfant qui abandonne le cursus scolaire ou celui issu d’une famille démunie ou encore en errance, à la suite des conflits armés ne peut que se réfugier dans le travail, en dépit de son bas âge.

Me Willy Kipoy a déploré qu’à ces jours, tous les secteurs de la vie nationale  sont gangrenés par le travail des enfants alors qu’il y a peu, c’est au sein des groupes armés et des carrières de mines artisanales où l’on dénonçait la présence des enfants. Il a révélé que la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) a documenté au cours des 15 dernières années, environ 33.000 enfants recrutés par les forces et groupes armés actifs dans ce pays.

Ce rapport note que les filles sont particulièrement vulnérables au sein des groupes armés. En plus des épreuves et des souffrances dont les garçons font aussi l’expérience, elles sont la plupart du temps abusées sexuellement par des combattants rebelles, note le rapport.  D’autres sont parfois utilisées  pour  la cuisine ou le nettoyage.

S’agissant des enfants dans les sites miniers, selon l’Unicef, plus de 40.000 d’enfants âgés de 3 à 17 ans travaillaient dans les mines au sud du pays.  Ces enfants s’adonnent à des tâches telles que le lavage des minerais, le creusage dans les remblais, le ramassage, le triage et le transport des minerais.

L’OIT déterminée à accompagner la RDC

L’Organisation internationale du travail (OIT) qui célèbre en cette année 2019, les 100 ans de progression de la justice sociale et de promotion du travail décent, s’est dite déterminée à accompagner le gouvernement congolais dans son combat pour l’éradication du travail des enfants.

L’agence onusienne a promis, à travers un document publié mercredi, de regarder en avant vers des Objectifs de développement durable de l’ONU, établie par la communauté internationale qui appelle à éradiquer le travail des enfants sous toutes ses formes d’ici 2025.

Pour l’OIT, «la Journée mondiale contre le travail des enfants de 2019 est l’occasion de revenir sur un siècle de lutte, mais aussi de tourner vers les défis et les perspectives à venir». Elle pense résoudre ce problème par  le renforcement des campagnes de sensibilisation en faveur de la scolarisation des enfants.

Le thème international retenu cette année est : «Ensemble  pour un avenir meilleur sans travail des enfants». Chaque année depuis 2002, la Journée mondiale contre le travail des enfants mobilise les gouvernements, les employeurs et toute la société civile afin de porter l’attention sur la situation des enfants qui continuent à travailler dans le monde, ainsi que sur les actions à mettre en place pour les aider. ACP/ Kayu/DNM/ Cfm/CMK/JLL

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