Le Premier ministre Sylvestre Ilunga salue la convergence des visions entre le gouvernement et les députés

Kinshasa, 08 sept. 2019 (ACP).- Le Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba a salué la convergence des visions entre le gouvernement et les élus du peuple, en ce qui concerne la nécessité de redresser le pays à partir de la base et de faire passer les intérêts du peuple avant tout autre intérêt, dans sa réponse vendredi, aux préoccupations des députés nationaux, lors de la présentation du programme de son gouvernement. «Je suis d’autant plus heureux que cette convergence correspond à la détermination qui est la mienne, de nous voir, gouvernement et représentation nationale, cheminer ensemble, main dans la main, dans l’œuvre de la construction de notre nation, à l’écoute et au service exclusif du peuple congolais», a-t-il dit.

Pour le Premier ministre, il y a nécessité d’agir à l’unisson pour la réussite de ce programme. Car, a-t-il ajouté, le peuple qui a accordé un mandat de 5 ans et au Président de la République et aux députés, «nous jugera tous ensemble, sans distinction».

 Le programme du gouvernement est réaliste

Parlant de son programme, il a affirmé qu’il est réaliste et porte les aspirations profondes de la population pour les cinq années à venir. «Il est le fruit d’un diagnostic sans complaisance, qui a été fait par les deux grandes familles de la coalition politique, à savoir : le CACH et le FCC», a-t-il soutenu, avant de rassurer qu’il est une vision de redressement du pays, coulée sous forme de déclaration de politique générale.

 Toutefois, a-t-il ajouté, ces orientations, qui concernent tous les secteurs, seront traduites par le gouvernement, en un plan d’actions pluriannuel comprenant un cadre des dépenses à moyen terme, assorti de budgets annuels qui seront, au cours de chaque année, élaborés et soumis à votre sanction.

Ces budgets, a-t-il noté, vont présenter les actions à mener dans l’ensemble des circonscriptions, leurs coûts, le chronogramme de réalisation, les sources de financement y afférentes, ainsi que les indicateurs quantifiables et vérifiables.

Il a, à cet effet, signalé avoir instruit tous les membres du gouvernement, de traduire en actions, avec le concours de leurs différentes administrations, les grandes orientations de leurs secteurs respectifs. «Ces feuilles de route vont faire l’objet d’un suivi rigoureux et des évaluations périodiques», a-t-il affirmé.

Au sujet du point d’ancrage entre le programme du gouvernement et celui d’urgence des 100 jours du Président de la République, mis en œuvre avant l’avènement du gouvernement, il a fait remarquer que certaines actions, à très court terme, ont été réalisées (la réhabilitation de certaines routes, du déploiement des bacs, de la construction des ponts et de certaines écoles), tandis que celles qui restent à réaliser, seront prises en compte et intégrées dans l’exécution du programme du gouvernement.

Le gouvernement déterminé à œuvrer pour l’éradication de tous les groupes armés

Concernant le secteur politique, defense et sécurité, il a réitéré  la détermination de son gouvernement à œuvrer pour l’éradication aussi bien de tous les groupes armés opérant dans le pays, que des poches de banditisme urbain.

Il a également indiqué que le gouvernement agira contre ceux qui ont fait du massacre des Congolais leur fonds de commerce et va œuvrer pour la création des brigades d’élites bien équipées d’une part, et d’autre part, pour la réinsertion sociale et économique des jeunes démobilisés.

Par ailleurs, une attention particulière sera accordée, conformément à la volonté du Président de la République, à l’amélioration des conditions sociales des hommes en uniforme, a-t-il ajouté, sollicitant l’indulgence pour d’autres considérations soulevées sur ce point, le  cadre n’étant pas approprié pour dévoiler toutes les stratégies en matière sécuritaire.

S’agissant de la consolidation de l’Etat de droit, souhaitée par tous, il a fait savoir qu’elle passe principalement par le strict respect des dispositions constitutionnelles, légales et réglementaires régissant le pays.

A propos des préoccupations sur la retenue à la source de 40% des recettes générées par chaque province, de même que la mise en œuvre effective de la Caisse de péréquation, le Premier ministre a rappelé qu’elles sont des exigences de la Constitution et donc un devoir pour le gouvernement.

En ce qui concerne particulièrement la Caisse de péréquation, il a souligné qu’il ne reste qu’à la doter de 10 % de la totalité des recettes à caractère national. Tandis que pour la retenue à la source de 40 %, un examen des contraintes et préalables empêchant sa mise en œuvre effective, sera amorcé dans les meilleurs délais.

Quant au recensement général de la population, il a noté qu’il devient plus qu’une urgence et le gouvernement partage totalement l’idée de dépolitiser cette question.

A ce sujet, a-t-il précisé, qu’il sera procédé à un état des lieux des travaux préliminaires déjà réalisés, avant de planifier les prochaines étapes devant concourir au parachèvement de ce processus. Il s’agit principalement de la réalisation des deux dernières phases dudit recensement, à savoir : le dénombrement exhaustif de la population et la phase post-recensement, laquelle est conditionnée par l’exécution de la cartographie.

A propos des préoccupations concernant notamment, l’implication des entités coutumières, la réalisation des réformes institutionnelles, le rétablissement de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national ainsi que l’amélioration des conditions carcérales, le Premier ministre Ilunga les considère toutes comme des enrichissements qui cadrent avec la vision du gouvernement.

Pour ce qui est de la diplomatie, le gouvernement, a-t-il dit, fait sienne la préoccupation concernant la sécurisation des Congolais vivant à l’étranger.«A ce sujet et face à la situation de xénophobie qui prévaut actuellement en Afrique du sud, la ministre d’Etat et ministre des Affaires étrangères sera chargée de prendre langue avec les autorités sud-africaines et de faire le déplacement de Pretoria pour s’assurer de la sécurité de tous nos concitoyens», a-t-il dit.

Toutefois, a-t-il insisté,  quelque soit ce qui est arrivé ces jours, «nous ne devons pas oublier que l’Afrique du sud est un pays frère et ami, qui a aussi ses problèmes internes».

Par ailleurs, le gouvernement, a-t-il encore souligné, s’approprie la recommandation de faire un front commun avec le Brésil et l’Indonésie, dans le combat pour une juste compensation de la contribution du pays à la préservation de l’équilibre de l’écosystème mondial.

Des solutions idoines pour des problèmes du secteur de l’économie et finances

En ce qui concerne le secteur de l’économie et finances, le Premier ministre a réaffirmé que l’ensemble des préoccupations formulées trouvera des solutions idoines dans l’action du gouvernement. «Qu’il s’agisse de la corruption ou de la spoliation, de ladollarisation ou encore de la diversification de l’économie, ma détermination ainsi que celle du gouvernement seront sans faille», a-t-il affirmé.

A propos de la dollarisation de l’économie congolaise, il a soutenu que la solution réside dans la stabilisation, sur la durée, de la valeur interne et externe de la monnaie nationale. En d’autres termes, la lutte contre l’inflation et la volatilité des prix requièrent une gestion rigoureuse des finances publiques.

A cet effet, a-t-rassuré, le gouvernement est déterminé à ne pas recourir aux avances du système bancaire pour financer son déficit et à observer ainsi la réglementation en la matière.

Concernant les sources de financement du programme du gouvernement, il a réaffirmé que ce programme consacre un vrai changement de paradigme. «Plutôt que d’être élaboré sur la base de notre capacité actuelle de mobilisation des recettes, nous avons d’abord voulu identifier nos besoins réels, et ensuite rechercher les moyens conséquents. Il s’agit donc pour nous, d’engager de nouvelles réformes pour accroître notre capacité de financement, notamment par la numérisation des opérations fiscales et financières», a-t-il dit.

A cet effet, il compte, dans les meilleurs délais, examiner les modalités de porter la pression fiscale à la hauteur de la moyenne de la sous-région, qui est de 20 % de manière globale dont 15 % hors mines. Ce qui va constituer un accroissement sensible par rapport à la situation actuelle qui s’établit à 9 % de pression globale, et 8 % hors mines. «Il s’agit ensuite de diversifier nos sources de financement notamment par le recours au Partenariat Public-Privé, mode novateur de financement d’infrastructures, en sus de la coopération bilatérale et multilatérale», a-t-il indiqué, ajoutant que le gouvernement fera de l’amélioration du climat des

affaires son cheval de bataille pour attirer de nouveaux investissements et ainsi amorcer la diversification des sources de croissance.

Celle-ci va reposer essentiellement sur le développement de l’agriculture, la promotion du tourisme et de la production culturelle et artistique. Les PME et les PMI joueront un rôle moteur dans l’accélération de ces sources de croissance et de création des emplois décents pour les jeunes.

L’objectif est de porter la croissance économique à 10 % en moyenne au cours des cinq prochaines années afin de constituer un accroissement de plus de 3 points, car le taux de croissance du PIB au cours de ces dernières années, s’est situé en moyenne à 6,6 %.

Dans cette quête de diversification de l’économie, un accent particulier sera mis sur les secteurs d’appui à la production, notamment le transport, l’énergie et l’eau, ainsi que le commerce extérieur. «L’une des clés de la relance de notre économie est, à juste titre, la réforme effective et sans complaisance des entreprises publiques», a-t-il dit, soulignant que le gouvernement entend accélérer le rythme et mener cette réforme à bonne fin.

Toutefois, a-t-il dit, la participation du secteur privé, sous des formes diverses et selon le cas, sera une stratégie à exploiter pour notamment mobiliser les financements nécessaires à la relance des activités cruciales à l’économie et aux  populations.

Il sera tenu compte, dans cette participation du secteur privé, des nationaux congolais, tel que le stipule la loi sur le désengagement de l’Etat des entreprises du portefeuille, ainsi que la loi sur la sous-traitance.

Le gouvernement engagé à promouvoir le développement à partir de la base

S’agissant du secteur de la reconstruction, le Premier ministre Ilunga a confirmé l’engagement du gouvernement à promouvoir le développement à partir de la base et à consacrer toutes les énergies nécessaires pour le désenclavement intégral et l’interconnexion totale de la RDC.

Concernant particulièrement l’audit de la fibre optique, déployée par la Société congolaise des postes et télécommunications, le travail a été réalisé sur l’axe Moanda-Kinshasa et un plan de réhabilitation a été élaboré.

Par ailleurs, dans le cadre du projet CAB5, financé par la Banque mondiale, une redondance sur cet axe sera bientôt construite, ainsi que le déploiement de la fibre sur l’axe Lubumbashi-Goma, avec des bretelles vers Kabalo-Kindu et Minova-Kisangani, pour un linéaire total de plus de 4.700 Km.

Avec la politique «D’OPEN-ACCESS» adoptée par le gouvernement, les investissements privés vont augmenter progressivement cette longueur.

S’agissant particulièrement de la gratuité de l’enseignement de base, le Président de la République a levé l’option à ce sujet.

Dans le cadre de sa mise en œuvre, a précisé le Premier ministre Ilunga, le gouvernement va en dégager l’impact dans le budget 2020. En outre, en cas de besoin, il va solliciter l’apport complémentaire des partenaires traditionnels qui voudront bien l’accompagner dans cette démarche de haute portée sociale.

Pour tous les autres points soulevés, a-t-il dit,  le gouvernement, qui veut mettre au centre de son action, le Congolais pris dans toute sa dimension, mobilisera toutes les énergies pour rencontrer les préoccupations de l’ Assemblée nationale. Il en sera de même, en ce qui concerne particulièrement le problème d’accessibilité à l’eau et à l’électricité.

A cet effet, le gouvernement prendra toutes les dispositions pour augmenter les taux de desserte respectifs par la participation du secteur privé dans la réalisation des investissements et l’amélioration de la qualité des services offerts à la population.

En ce qui concerne la préoccupation relative à l’habitat, le gouvernement va mettre en place une politique de construction des logements sociaux avec la participation de l’État et du secteur privé.

Pour le Premier ministre Ilunga Ilunkamba, l’essentiel consiste à prendre en compte et à traduire en actes les différentes préoccupations, avec comme seul objectif l’amélioration du vécu quotidien du peuple Congolais. «Si nous voulons changer ce pays, nous devons être capables avant tout de nous changer nous-mêmes. Changer nos comportements et tourner le dos aux antivaleurs qui ont longtemps retardé la marche de la nation vers sa prospérité. C’est aujourd’hui que se décide ce que sera le monde dans 30, voire 50 ans. C’est aujourd’hui que se prépare donc aussi le Congo de demain», a-t-il souligné, avant de lancer un appel au sursaut patriotique. «L’heure n’est plus aux invectives et autres querelles Politiciennes ! L’heure est au travail et à l’action ! Œuvrons ensemble, chacun dans son rôle, pour le relèvement de notre mère patrie», a-t-il conclu. ACP/Kayu/FMB

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