Le Président Félix Tshisekedi qualifie les tueries de Djugu de tentative de génocide

Kinshasa, 02 juillet 2019 (ACP).-  Le Président de la République Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a qualifié de « tentative de génocide », les tueries des civils perpétrées depuis avril dernier dans le territoire de Djugu, en Ituri, au cours d’une conférence de presse qu’il a animée mardi, à Bunia, chef- lieu de la province de l’Ituri.

«Manifestement ça ressemble à une tentative de génocide, on voulait pousser la province de l’Ituri à s’embraser, à mener des événements malheureux comme le génocide qu’on a connu dans notre région de Grands lacs », a souligné le Chef de l’Etat, avant  d’exprimer les vœux d’écouter les auteurs de ces violences pour qu’ils lui disent  le soubassement de leurs actions.

Pour le Président Félix Tshisekedi,  le plus important  maintenant c’est de savoir qui est derrière tout ça. « Je ne lâcherai pas, j’irai jusqu’au bout pour connaître la vérité », a-t-il martelé.

Les violences armées ont resurgi en avril dernier dans le territoire de Djugu. L’armée a identifié un certain « Ngudjolo » comme le chef de la milice dont les hommes opèrent dans plusieurs localités et dans la chefferie de Mokambo en territoire de Mahagi.

Mgr Dieudonné Uringi, évêque du diocèse de Bunia, a dénoncé pour sa part, l’existence d’une secte mystico-religieux dénommée CODECO encourageant les violences qui ont déjà fait plus d’une centaine de morts dans le territoire de Djugu. L’armée a annoncé dimanche dernier avoir démantelé ce groupe armé après les offensives menées depuis le 27 juin pour la conquête du bastion des miliciens situé dans la forêt Wago dans le cadre de l’opération « Zaruba ya Ituri (la tempête de l’Ituri) ».

Le territoire de Djugu, rappelle-t-on,  avait déjà été secoué par des violences meurtrières en 2017 et 2018. Plus de 200 civils étaient tués, des villages entiers incendiés et plus de 2000 personnes avaient traversé le lac Albert pour vivre en Ouganda. Des centaines de déplacés internes arrivés à Bunia étaient installés autour de l’hôpital général. Cette année, le HCR a dénombré plus de 300 000 personnes qui ont fui les violences depuis début juin dans les territoires de Djugu et Mahagi.

Le Président Félix Tshisekedi s’imprègne du dossier d’Eddy Kapend

 Le Président de la République Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a promis de s’imprégner du dossier d’Eddy Kapend, l’officier condamné à mort en 2003 par l’ex Cour d’ordre militaire dans l’affaire de meurtre de l’ancien Président de la République Laurent Désiré Kabila.

« Je ne sais pas s’il est libérable. Laissez-moi suivre ce dossier vu la peine de perpétuité », a-t-il dit. Plusieurs ONGDH dont la Voix des Sans Voix (VSV) ont exigé la libération de cet officier et ses coaccusés ou alors la réouverture de leur procès.

Le Chef de l’Etat, rappelle-t-on, a récemment ordonné la libération des quelques prisonniers politiques et d’opinions. Quant à la proposition  de Martin Fayulu de la création d’une institution dénommée Haut Conseil National des Réformes Institutionnelles (HCNRI) qu’il dirigera, le Président Félix Tshisekedi a indiqué qu’il ne voit pas son utilité.

“Les réformes ont des endroits pour être discutées. Fayulu est un élu. En allant au Parlement, il peut emmener ce projet. Nous sommes en démocratie. Nous avons aussi la possibilité de refuser ou d’accepter ces propositions. Je ne vois pas l’utilité. Dans mon message du 30 juin, j’ai parlé des réformes, sans dire si je vais l’accorder à un individu. Moi, je ne vois pas l’utilité d’une autre institution “,  a-t-il souligné. ZNG/KJI/JLL/CKM/GNN 

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