Nécessité de collaboration entre l’Eglise et l’Etat

Kinshasa, 17 mai 2019 (ACP).- Le recteur de l’Université catholique du Congo (UCC), le Pr Abbé Léonard Santedi, a affirmé  la  nécessité de la collaboration  entre  l’Eglise et l’Etat, en se donnant la main pour aller de l’avant en vue de  réinventer l’avenir et de transformer la société pour le bien être social.

Le Pr Santedi l’a dit lors de la clôture de la 31ème semaine théologique de Kinshasa axée sur le thème général  «La religion et la politique : la vision de l’Eglise catholique», organisée du 13 au 16 mai 2019 par la faculté de Théologie de cette alma mater au 2ème site dans la commune de Mont-Ngafula, à Kinshasa.

L’Eglise et l’Etat doivent travailler pour cette mission commune en vue de la transformation des sociétés dignes, a-t-il dit, avant de préciser que l’Eglise œuvre pour le salut des fidèles  en embrassant également tous les domaines éducatifs et l’Etat pour le bien-être commun.

Le recteur a demandé aux fidèles de ne pas avoir peur à s’engager dans la politique et aux décideurs politiques de ne travailler que pour le bien-être commun des populations. Le Pr Santedi a enfin, salué les différents partenaires des universités étrangères notamment de l’Institut de missiologie de l’Université catholique de Louvain et de Montréal au Canada.

Pour le doyen de la faculté de Théologie, le Pr Abbé Fidèle Mabundu,  les résolutions issues de ces assises seront publiées dans les actes et envoyés dans les centres pastoraux, les diocèses et les paroisses pour que les fidèles s’en approprient.

Il a également souligné l’option prise par cette faculté  d’organiser les séminaires et des leçons sur ces résolutions focalisées sur quatre axes principaux de cette semaine théologique, à savoir : «les défis politiques de l’Afrique aujourd’hui», «Religion et politique : problème des fondements», «Institutions ecclésiales et engagement politique» et «Religion et politique : propositions pour l’avenir».

Une quinzaine  des conférences

Une quinzaine des conférences autour de quatre axes précités se sont tenues lors de cette 31ème semaine théologique. A cet effet, le Pr Munayi de l’Université protestante du Congo (UPC) a exposé sur la «prudente légitimation par l’Eglise des institutions politiques actuelles : la sauvegarde de la paix sociale».

Il a évoqué les points liés à la vérité qui est une valeur non négociable pour l’Eglise, l’Eglise face au risque d’embrasement du pays et le revirement de l’Eglise pour la sauvegarde de la paix. Le Pr émérite de l’Université de Kinshasa (UNIKIN), Isidore Ndaywel qui a exposé sur «les chrétiens et la politique en RDC : témoignage de l’historien», a défini les moments de l’histoire du Congo à travers lesquels se dessine clairement  l’engagement chrétien en politique au pays de Lumumba.

Le 1er moment est celui de 18ème siècle où l’intervenant a mis en exergue le visage de Dona Béatrice. Le 2ème est celui des 19 ème et 20 ème siècles dont la figure chrétienne de résistance est Simon Kimbangu, tandis que le 3ème est le passé présent, c’est-à–dire les 25 dernières années caractérisées par l’implication forte de l’Eglise pour la mise en place d’un Etat de droit, la fin de règne de Mobutu et celui de Joseph Kabila.

Le Pr Ndaywel qui a salué l’efficacité de combat mené par les chrétiens, a préconisé deux pistes pour l’avenir de l’engagement chrétien en politique,  à savoir : le chrétien doit s’intéresser à la politique, accompagner le processus d’établissement d’un Etat de droit  et non seulement discréditer l’action politique. Les modalités  de ce combat chrétien, a-t-il dit, sont la non violence et le souci de transparence.

Les professeurs  Sylvain Badibanga et Jean-Bosco Matand se sont penchés dans leurs interventions, sur les fondements bibliques, patristiques, éthiques et canoniques du rapport entre «religion et politique», tandis que les professeurs Ruffin Mika et Jules Muamba de l’UCC ont parlé en moralistes, de fondements éthiques et théologiques du rapport entre l’Eglise et l’Etat.

Le Pr Philémon Munkendi de l’UCC a préconisé dans son intervention, la restauration de la réflexion théologique par rapport au thème principal «Religion et politique», une analyse historique et sociale, de renforcer l’engagement social du chrétien dans la vie publique, et de créer un parti politique chrétien.

Le Pr Augustin Bita de l’UCC, dont son intervention a porté sur «Religion et politique chez Saint Augustin», a montré, contrairement aux penseurs grecs qui estimaient qu’il revenait aux philosophes de diriger la cité, que pour Saint Augustin, l’homme qui doit diriger est celui qui appartient aux deux cités, c’est-à–dire la cité céleste et la cité terrestre donc, pour lui, la religion et la politique ne s’opposent pas.  ACP/

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