Plaidoyer pour un financement urgent en faveur de près de 13 millions de personnes vulnérables en RDC

Kinshasa, 22 mars 2019 (ACP). La directrice générale du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), Henrietta Fore, et le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordonnateur des secours d’urgence de l’ONU, Mark Lowcock ont demandé jeudi aux donateurs d’apporter un financement urgent et durable à l’action que mène la RDC pour répondre aux besoins de près de 13 millions de personnes, dont 4 millions d’enfants sous-alimentés.

Dans un communiqué conjoint signé au terme de leur séjour en RDC, les deux personnalités ont soutenu qu’à l’heure où la RDC fait face à l’une des crises humanitaires les plus vastes et les plus complexes du monde, près de 13 millions de personnes, dont 4 millions d’enfants sous-alimentés et près d’un millier de personnes infectées par Ebola ont besoin d’aide et de protection .

«La transition politique relativement pacifique qui a lieu en République démocratique du Congo constitue une occasion que nous devons saisir. Nous pouvons surmonter la crise humanitaire massive et de longue durée. Mais nous avons de toute urgence besoin que les donateurs accordent de nouveau des financements généreux alors même que les besoins demeurent supérieurs aux ressources disponibles », a expliqué M. Lowcock.

Pour lui, la RDC a besoin d’une mobilisation internationale pour instaurer les conditions nécessaires à la paix, à la sécurité et au développement à long terme. Bien que ce pays ait réalisé ces dernières années des progrès à certains égards, a-t-il indiqué, la mortalité des enfants de moins de 5 ans ayant reculé et le nombre d’enfants scolarisés ayant augmenté, la situation humanitaire demeure dans l’ensemble très préoccupante.

La source fait valoir que le nombre de personnes touchées par la faim a connu une forte hausse, passant de 7,7 millions en 2017 à 13 millions l’an dernier. Au moins 4 millions d’enfants sont atteints de malnutrition. Le choléra, la rougeole et Ebola continuent de sévir.

Une malnutrition aiguë touchant 1,4 million d’enfants de moins de 5 ans

Le communiqué conjoint indique que la malnutrition aiguë sévère devrait toucher cette année 1,4 million d’enfants de moins de 5 ans, auxquels elle fera courir un risque de mort imminente. Dans les régions du pays en proie à des conflits, souligne le document, des enfants et des jeunes ont été recrutés comme combattants, agressés sexuellement et privés d’éducation et de services de santé et de protection. «Ensemble, la communauté internationale et le nouveau gouvernement peuvent et doivent améliorer leur action en faveur des enfants», estime-t-on.

Au cours de leur séjour en RDC, les deux dignitaires des Nations Unies ont eu des échanges constructifs avec le Président, Félix Tshisekedi, qui a réaffirmé la ferme volonté de son Gouvernement de diriger l’action humanitaire dans l’ensemble du pays. Ils ont fait part de la solidarité des Nations Unies avec le peuple congolais et se sont également entretenus avec le ministre de la Santé, Oly Ilunga, de la flambée d’Ebola ainsi que d’autres maladies comme la rougeole, le choléra et la polio, qui touchent le pays.

À Goma, dans la province du Nord-Kivu, ils ont visité un centre de soins et d’assistance aux femmes, y compris aux rescapées de violences sexuelles et sexistes. Ils ont rencontré des survivantes de viol qui reçoivent une aide médicale, psychosociale et juridique, avec l’appui de l’UNICEF et de partenaires.

Plusieurs autres activités ont marqué leur séjour, notamment à Bunia, dans la province de l’Ituri, à Beni et Butembo dans le Sud-Kivu, où la mission a visité des centres de traitement d’Ebola. Elle est ensuite allée dans des crèches où des rescapés d’Ebola maintenant immunisés face au virus gardent de jeunes enfants dont les mères sont en cours de traitement, qui risquent eux-mêmes d’être victimes de la maladie.

ACP/Kayu/DNM/Wet/KJI

 

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