Réflexions sur la mise en place d’un comité national d’autonomie économique du milieu rural

Kinshasa,17 mai 2019 (ACP).-Les experts du Bureau international du travail(BIT), de l’Institut national de préparation professionnelle(INPP), de  l’ONG Justice sociale, travail décent ainsi que les organisations socioprofessionnelles et scientifiques ont réfléchi sur la possibilité de mettre en place un comité national de formation  pour le renforcement de l’autonomie économique du monde rural « TREE »(Training for rural economic empowerment).

A cette occasion, Mme Aminata Maîga, directrice-pays du Bureau du  travail (BIT) à Kinshasa, qui s’exprimait  mardi à la clôture de cet atelier d’un jour consacré  ce sujet, a fait remarquer que les discussions visaient l’objectif de susciter le développement à la base par l’implication des communautés locales, en déterminant leurs besoins et leurs atouts socioéconomiques. Cet objectif ne peut être atteint que par une formation professionnelle du monde rural qui tient compte des opportunités économiques locales, a dit Mme Maïga, précisant que l’INPP détient une expertise nécessaire pour réaliser ce projet.

Les opportunités d’emplois existent dans les villages et il est opportun de travailler pour que les entreprises d’y installent et trouvent une main-d’œuvre  locale compétente qui travaillent pour un développement interne et spécifique à l’entité, a indiqué la directrice du BIT, soutenant que le FREE, un projet régional soutenu par son organisation,  aura été à la base du développement des pays de l’Asie centrale et dans quelques pays d’Afrique dont le Béni, le Zimbabwe et le Malawi.

Ce projet qui soutient le BIT en RDC,  une opportunité à saisir pour ce pays qui regorge d’énormes potentialités économiques, a laissé entendre Mme Maïga.  De son côté, l’Administrateur directeur général de l’INPP, Maurice Tshikuya Kayembe, hôte de l’atelier, a révélé que  la situation d’emplois  en RDC est  actuellement en ballottage dans les villes et les villages lesquels sont affectés par l’exode rural, en raison principalement de difficultés d’accès à l’emploi pour une population en majorité jeune. Les discussions ont porté, selon lui,  sur les réponses à apporter aux entités rurales pour  leur accès aux services sociaux de base,  à la création des revenus et au changement culturel, en impliquant les organes décisionnels, l’autorité coutumière et principalement la communauté rurale.

Pour atteindre cet objectif, l’INPP  soutient que le développement des compétences par la formation professionnelle est une réponse adéquate à la question de l’autonomie économique du milieu rural.  Pour l’ADG de l’INPP, la formation professionnelle permettra de donner une plus-value à l’homme, lui offrant, par ce fait, la capacité de créer des chaines de valeur partant de la production à la consommation. Avec l’avènement de  nouvelles technologies, le monde rural, une fois formé, sera à même de créer de petites unités de production et des revenus, avec un impact sur les emplois. Cela permettra de lutter contre la pauvreté et bâtir une cohésion et une justice sociales, a indiqué M. Tshikuya.

Dans cette perspective, l’INPP développe ainsi une stratégie qui prend en compte la femme comme actrice de développement de premier plan en milieu rural, les personnes vulnérables et les plus démunis.  Après un débat constructif, les participants à cet atelier, dont les délégués de plusieurs ministères, des députés, chefs coutumiers et des directeurs provinciaux de l’INPP, ont salué cette initiative, avant de plaider pour la création effective du comité national de « TREE » qui permettra d’améliorer l’accès  des groupes vulnérables à la formation professionnelle en milieu rural et de contribuer, par conséquent, à l’autonomisation  économiques des communautés locales, facteur de paix,  de cohésion et de justice sociales. ACP/Kayu/JGD/

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