Soudan : le président Omar el-Béchir nomme un nouveau premier ministre

Kinshasa, 24 février 2019 (ACP).- Le Président soudanais Omar el-Béchir a nommé samedi au poste de Premier ministre, Mohamed Taher Ela, ancien gouverneur de l’Etat agricole d’Al-Jazira. D’après un communiqué de la Présidence repris dimanche par l’AFP, le chef de l’Etat soudanais a procédé également à des changements dans les hautes sphères du pouvoir au lendemain de l’annonce de l’état d’urgence et du limogeage des gouvernements fédéral et provinciaux.

Ces mesures intervenant après deux mois de contestation antigouvernementale, les organisateurs des manifestions ont rejeté les décisions annoncées par le président Béchir, assurant qu’elles n’empêcheraient pas les manifestants de poursuivre leur mouvement pour réclamer son départ.

Dans un discours à la Nation, le Président Béchir a annoncé vendredi la dissolution du gouvernement aux niveaux fédéral et provincial et décrété l‘état d’urgence pour un an, affirmant que le Soudan traversait la situation la plus difficile de son histoire. Il a aussi limogé son premier vice-président et allié de longue date Bakri Hassan Saleh. Selon un décret présidentiel, le poste sera désormais occupé par le ministre de la Défense Awad Ibnouf qui garde son portefeuille.

Inébranlable face à ce qui constitue, selon des experts, son plus grand défi en trois décennies, le chef de l’Etat de 75 ans envisage de briguer un troisième mandat lors de la présidentielle de 2020. “Le fait d’imposer l‘état d’urgence montre la peur au sein du régime”, a affirmé dans un communiqué l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), qui regroupe des partis d’opposition et l’Association des professionnels soudanais (APS), fer de lance de la contestation.

Par ailleurs, M. Béchir a affirmé vendredi que le pays avait besoin de gens qualifiés. Cinq ministres, dont ceux des Affaires étrangères, de la Défense et de la Justice, conserveront leur portefeuille, a-t-il dit. Il a en outre nommé à la tête des 18 provinces du pays 16 officiers de l’armée et deux responsables de la sécurité.

En plein marasme économique, le Soudan est le théâtre depuis le 19 décembre de manifestations quasi quotidiennes déclenchées par la décision du gouvernement de tripler le prix du pain. La contestation s’est vite transformée en un mouvement réclamant la chute du président Béchir, qui tient le pays d’une main de fer depuis 1989. ACP/DNM/Cfm

Partagez cet article