Transfert des eaux de l’Ubangi vers le lac Tchad : la société civile environnementale de la RDC fait une recommandation

Kinshasa, 19 mai 2019(ACP).- Les organisations de la société civile environnementale de la RDC ont recommandé  vendredi à Kinshasa la mise en place d’une Task-force (groupe de travail) multi-acteurs rattachée à la Présidence de la République pour alimenter des réflexions et des stratégies en vue de faire face au projet Transaqua qui porte sur le transfert des « Eaux interbassins de l’Ubangi  ou du fleuve Congo vers le lac Tchad » en voie d’assèchement.

Cette recommandation émane d’une note de position rédigée au cours d’une réunion tenue sur invitation du Réseau ressources naturelles (RRN)  pour examiner cette  problématique, dont une copie est parvenue samedi à l’ACP.

Les représentants des forces vives en matière d’environnement et de développement durable ont, à cette occasion, suggéré la création d’une institution spécialisée ou d’un ministère chargé de gérer et de veiller à l’exploitation rationnelle ou durable des ressources en eau en RDC.

Ils ont également estimé que la conduite d’une étude inclusive d’impact environnemental et social (EIES) assortie d’un plan de gestion pour le projet Transaqua en RDC s’avère nécessaire.

Selon les acteurs de la société civile environnementale, il est indispensable que soit lancée une étude de contre-expertise de l’étude de faisabilité de la firme canadienne CIMA International, commanditée par les pays de la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT).

Cette note de position de la société civile environnementale de la RDC est lancée à la suite des résolutions de la réunion de la conférence internationale pour la sauvegarde du lac Tchad  tenue à Abuja (Nigeria) le 28 février 2018, qui ont relancées le Projet controversé Transaqua, imaginé depuis 1982, visant le transfert des eaux du fleuve Congo vers le lac Tchad supposé être en perte de sa superficie de 90% en 40 ans.

Conscientes de leur rôle d’acteurs d’éveil de conscience et défenseur des droits des communautés locales et des peuples autochtones, les organisations de la société civile environnementale notent que le transfert des eaux du fleuve Congo vers le lac Tchad  aura à coup sûr des conséquences environnementales, économiques et sociales néfastes. Il s’agit, si en amont les études fiables font défaut, de l’échec du processus relatif à la réduction des émissions de gaz à effet de serre dues à la déforestation et à la dégradation des forêts (REDD+), de la perte de la diversité biologique, de la faible fourniture de services éco systémiques, de la perturbation de la navigabilité sur le fleuve Congo et ses affluents.

La destruction des tourbières suite à la baisse d’eau et de la libération des carbones séquestrés, la baisse du débit du fleuve Congo, et par conséquent  le dysfonctionnement du projet Grand Inga causeront un préjudice énorme aux  populations de la RDC et aux écosystèmes de celle- ci. ACP/DNM/May/Mpk

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