Un gynécologue congolais recommande un nouveau plan d’action pour détecter plus tôt l’endométriose

Kinshasa, 17 mai 2019 (ACP).- Le Dr Emmanuel Mango, gynécologue à  l’hopital général de référence de Kintambo à Kinshasa, a recommandé mercredi au cours d’un entretien avec l’ACP, un nouveau plan d’action pour détecter plus tôt l’endométriose, une maladie gynécologique évolutive pouvant entraîner des douleurs pelviennes, chroniques ou aiguës, ainsi qu’une infertilité, mais  qui est encore mal diagnostiquée.

Selon ce médecin, il est important de mettre en place un nouveau plan d’action visant à améliorer le dépistage de l’endométriose dès l’adolescence, compte tenu du nombre élevé des femmes qui en souffrent tant dans le monde qu’en RDC.

Lorsque l’ovule n’est pas fécondé, l’endomètre est éliminé chaque mois via les règles et se renouvelle ensuite. Mais il arrive que les tissus se développent en dehors de l’utérus sans être évacués. C’est ce que l’on appelle l’endométriose. Cette maladie gynécologique évolutive peut entraîner des douleurs pelviennes, chroniques ou aiguës, ainsi qu’une infertilité.

Les femmes qui en souffrent peuvent également avoir des menstruations difficiles et douloureuses, parfois résistantes aux antalgiques, des douleurs pendant les rapports sexuels, ou lors de la défécation, ainsi que des problèmes urinaires. Mais chez d’autres femmes, «l’endométriose peut rester asymptomatique, sans conséquence pour la santé et donc ne pas nécessiter de prise en charge», a-t-il précisé. C’est justement ce qui rend son diagnostic difficile.

Outre le nouveau plan d’action pour détecter plus tôt l’endométriose, le Dr Mango a également recommandé aux professionnels de santé de rechercher les signes de l’endométriose dans les nouvelles consultations obligatoires, d’intégrer la recherche de ses signes dans les consultations dédiées à la santé sexuelle des jeunes filles entre 15 et 18 ans, de renforcer la formation sur les signes d’alerte.

Il a recommandé aussi le diagnostic et la prise en charge de premier recours de l’endométriose dans la formation initiale et continue des professionnels de santé concernés, ainsi que la mise en place d’un groupe de travail national pour définir des filières endométriose dans chaque région.

Quant aux traitements hormonaux destinés à éliminer les douleurs, une attention particulière doit être  portée aux effets indésirables potentiels et aux traitements antérieurs, a fait savoir le Dr Mango. En l’absence de signes localisateurs et si ce traitement est efficace, il n’y pas de raison de pousser plus en avant les explorations car l’endométriose est une maladie peu évolutive, a-t-il ajouté.

Dans certaines situations, un traitement chirurgical peut être envisagé, mais plusieurs éléments doivent être pris en compte notamment l’efficacité et les effets indésirables des traitements médicamenteux, les douleurs, le désir de grossesse et autres.  ACP/Kayu/JGD

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