Validation à Goma du plan de partage des bénéfices «carbone monétaire»

Goma, 02 mai 2019 (ACP).- Le ministre provincial en charge de l’Environnement au Nord-Kivu, Olivier Mbonigaba Kamuzinzi, a supervisé, mardi  dans la salle des réunions de l’organisation WWF, l’atelier de validation du plan de partage des bénéfices «carbone monétaire», une validation porteuse de la matérialisation du protocole pour le Nord-Kivu qui a permis aux parties prenantes de s’approprier les taches et identifier les potentialités de chaque acteur au regard des obligations légales et des intérêts de chacun à travers ce business écologique propre.

Olivier Mbonigaba a exprimé sa satisfaction pour l’aboutissement du processus qui a conduit à cette validation. «Le bénéfice carbone monétaire de la province du Nord-Kivu est un retour sur investissement ayant pour objectif de contribuer au développement en général, à la lutte contre le changement climatique, au développement de l’économie verte, à l’amélioration des conditions de vie des communautés locales et du développement du secteur privé», a soutenu le ministre provincial Kamuzinzi.

Il a ainsi esquissé le contenu de l’arrêté N° 01/222/CAB/GP-NK/2019 du 11 avril 2019 portant création, composition et fonctionnement du comité de pilotage du projet carbone en province du Nord-Kivu,  pour faire valoir l’appropriation par la province de cette démarche exigeante dans le monde des investissements durables en cette période de changement climatique qui frappe le monde.

La mise en marche du protocole de l’accord autour de la valorisation du carbone au Nord-Kivu, signé en date du 20 septembre 2018 entre le gouvernement provincial du Nord-Kivu et CO2Logic se matérialise dans certaines closes de celui-ci.

Le plan de partage validé démontre la pertinence d’inciter les parties prenantes à contribuer efficacement à la réduction des émissions liées à la déforestation et la dégradation des forêts, se référant au quatrième point du protocole de septembre dernier.

Le partenaire du gouvernement CO2logic  chargé d’identifier et négocier les crédits auprès des acheteurs ; l’état et la province au titre de propriétaire du domaine foncier permanent, de sa contribution au fonctionnement de secteur concerné, les entités territoriales décentralisées au titre de leur mandat de développement ; les opérateurs du secteur privé engagés dans les activités sélectionnées ; les petits propriétaires privés engagés et identifiés dans la zone du projet/programme, constituent les principaux points contenants les points validés dans le plan de partage des bénéfices carbone monétaire par les parties prenantes.

Le plan validé défini les catégories des bénéficiaires  éligibles au crédit carbone. Les communautés locales et les peuples autochtones incluant les autres groupes vulnérables et marginalisés vivant à l’intérieur du périmètre du projet contribuant à la génération des crédits carbones sont des bénéficiaires.

Du partage des revenus

Les revenus carbone seront partagés sur une période de 10 ans en tenant compte de 700.000 VER (Verified Emission Reduction) qui est l’unité de mesure dans le crédit carbone dont le prix unitaire varie entre 8 et 10 euros. Une clé de répartition soit : 35% de revenu sont alloués au porteur du projet pour appuyer le montage, le suivi et la soumission du dossier et 65% reviendront au gouvernement pour la poursuite des activités.

Au-delà de 700.000 VER les pourcentages passent à 20% de revenu alloués au porteur du projet pour appuyer le montage, le suivi et la soumission du dossier et 80 % reviendront au gouvernement pour la poursuite des activités.

Les parties prenantes ont toutefois fait observer la nécessité de revisiter le contenu de l’article 26 de l’arrêté fixant la procédure d’homologation des investissements des projets REDD d’autant plus qu’il ne fait pas mention des activités de terrain et se limite au frais à injecter dans le fonctionnement des structures étatiques.

Elles ont ainsi ressorti l’urgence de poursuivre un lobbying national auprès de la Commission nationale REDD pour que la province et tous les acteurs de protection des forêts fassent gagner davantage les entités et progressent.

Le chef des programmes énergie durable de WWF, Thierry Lusenge, a indiqué la détermination de son organisation à poursuivre le partenariat gagnant-gagnant qui a conduit à la validation de ce plan, un outil annexe au protocole susmentionné.

Il s’est dit confiant dans la suite des activités attendues dans ce processus qui arrive pour encourager et récompenser ceux qui ont mis sur pied des plantations d’arbres afin de juguler à différent niveau les effets du changement climatique.

Ont participé à la validation de ce plan, les acteurs de la société civile, les experts des ministères sectoriels, les experts du gouvernement provincial du Nord-Kivu avec à leurs cotés les cadres de WWF impliqués dans le programme énergie, porteur du mécanisme. ACP

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